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Éolien offshore : La filière, c'est maintenant
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Éolien offshore : La filière, c'est maintenant

Si le projet de parc éolien au large du littoral régional paraît encore lointain, puisqu'il pourrait n'être mis en service qu'en 2024, c'est maintenant que les entreprises doivent se préparer pour répondre aux appels d'offre, préviennent les acteurs du secteur.

Les modalités resteront floues tant que l'État n'aura pas tranché. Y aura-t-il un, ou deux parcs éoliens offshore dans la région ? S'il n'y en a qu'un, sera-t-il implanté au large de Boulogne, ou de Dunkerque ? Présente à Boulogne pour une journée d'information début novembre, l'entreprise WPD, spécialisée dans les chantiers éoliens offshore, milite pour sa part pour que le site boulonnais soit choisi. Le champ éolien qu'elle imagine aurait une emprise de 30 à 40 km², soit une quarantaine d'éoliennes, situées à 15 km du littoral. Un tel parc, mis en service en 2024, pourrait produire 250 MW, moitié moins que le premier projet proposé. Permettant tout de même d'alimenter 300.000 personnes en électricité, il serait sans doute plus acceptable pour la population.

Bientôt les appels d'offres

Mais pour l'heure, l'important n'est pas tant le détail du projet aux yeux de Windustry, l'organisme qui oeuvre à la structuration de la filière éolienne en France, et qui suit donc de près l'évolution de la situation dans la région. L'urgence, pour les entreprises du Nord - Pas-de-Calais, c'est d'être prêtes à répondre aux appels d'offres, qui devraient être lancés d'ici la fin de l'année. « Pour le moment, 85 entreprises régionales sont réunies au sein du cluster, il faut qu'elles soient plus nombreuses. Nous avons un an et demi avant que les contrats ne soient attribués », explique Daniel Grondin, ingénieur projet chez Dunkerque Promotion. « Les entreprises doivent prendre conscience de l'intérêt de se constituer en filière dans la région, » renchérit pour sa part Frédéric Cuvillier, le maire de Boulogne. « En organisant la formation au sein de cette filière, on crée des emplois non-délocalisables, notamment pour la maintenance des parcs. Sur le port, cela créerait une centaine d'emplois directs, sans compter les retombées économiques dont toute la Côte d'Opale profiterait. »

Un milliard investi

La promesse, c'est celle de deux millions d'euros qui seraient répartis entre les communes du secteur chaque année. Une manne qui pourra peut-être contrebalancer les oppositions, venant surtout d'habitants et d'élus redoutant la dégradation des paysages, et des pêcheurs qui craignent pour leur activité. Mais c'est surtout pour les entreprises que l'opération devrait être intéressante, puisqu'environ un milliard devrait être investi sur le futur site. « De grandes entreprises se sont déjà positionnées, ce qui n'empêche pas les PME régionales d'arriver en second rideau, au contraire », martèle Pierre Peysson, chef de projet chez WPD. « Il faut qu'elles se rapprochent du cluster, qu'elles prennent le temps de comprendre le marché, de s'organiser. Seront particulièrement recherchées celles qui peuvent travailler en anglais, ou travailler en mer. Et ça, ça se prépare. »

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