Entreprises Savoir dompter les dispositifs
# Organismes de formation # Conjoncture

Entreprises Savoir dompter les dispositifs

La France est habituée à la complexité administrative. Et le secteur de la formation ne déroge pas à la règle. Il faut pourtant essayer de passer outre. La crise récente a souligné l'importance de la formation professionnelle continue. Avec des exemples qui feront date. Cas pratique avec la SSII Néo-Soft.

Profiter de la crise et donc de la baisse d'activité pour former ses salariés et se préparer ainsi à mieux appréhender la reprise a été le choix de nombreux chefs d'entreprise. Exemple dans le domaine des nouvelles technologies avec le cas de Néo-Soft, une SSII déployée dans l'Ouest, le Sud-Ouest et à Paris.




Les vertus de la crise

«Les périodes de crise ont beaucoup d'inconvénients mais aussi de vertus.» P-dg de cette société de services en R&D, systèmes d'information, systèmes & réseaux et consulting, Laurent Florentin aime jouer des paradoxes. Dans un univers hyper-concurrentiel, Néo-Soft se vante d'un modèle social «sympathique» qui bannit les termes licenciement et mobilité et où la formation tient traditionnellement un rôle-clef. «Nous consacrons chaque année entre 3% et 5% de notre budget à la formation de nos équipes» soit de deux à trois fois le minimum légal, explique Laurent Florentin. «Nous avons estimé que la formation était une des façons de valoriser notre personnel en période de crise et de nous préparer à saisir toutes les opportunités accompagnant l'arrivée de jours meilleurs. Nous avons donc accéléré les processus avec des formations vraiment à la carte. Et à la réflexion, nous aurions pu aller encore plus loin.»




Des budgets qui ont explosé

Une décision facilitée par un management participatif qui privilégie l'échange permanent avec les salariés.... et une stabilité du capital détenu à 95% par les co-fondateurs de l'entreprise. Le reste étant ventilé entre les cadres dirigeants. Sur la seule année 2010, 215 personnes sur un effectif de 460 ont ainsi bénéficié d'une formation. Parmi les outils disponibles, Néo-Soft a eu recours au Congé individuel de formation (Cif) à temps partiel pour faire évoluer ses salariés de niveau Bac+3 car «c'était l'occasion.» Autre piste : la formation à des technologies pointues ou émergentes, type i-Phone ou Oracle, mais aussi à la méthodologie. L'entreprise a aussi mis en place des formations internes et a développé des projets à but pédagogique, comme la création d'un site internet 3D. Laurent Florentin admet que la société a été contrainte de financer une partie de ces initiatives, son OPCA ayant atteint ses possibilités financières. «Évidemment, nous n'avons pas été les seuls à adopter cette attitude dans le domaine des nouvelles technologies où le challenge est d'être toujours à la pointe. Du coup, les budgets ont explosé et on est très vite arrivé aux limites du système.» D'une manière générale, Laurent Florentin regrette le manque de lisibilité des dispositifs et circuits de financement. L'entreprise a ainsi enregistré quelques rares demandes de Dif et n'a pas eu recours aux périodes de professionnalisation. «Parce que les accords de branche ont changé en cours de route.»




Système «trop compliqué»

«Tout cela est trop compliqué, assène Laurent Florentin. Les Anglo-Saxons n'ont pas d'obligations légales et pourtant ils forment tout autant que nous. Sauf que nous, il nous faut douze lois pour arriver au même résultat qu'eux en deux minutes. Parce que la seule réalité opérationnelle, c'est celle du terrain.»

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