Entreprises et territoires : Quel équilibre?

Entreprises et territoires : Quel équilibre?

Hisser Toulouse au rang de métropole européenne mais pas aux dépens des territoires qui l'entourent: l'enjeu est de taille pour les acteurs régionaux. Fin septembre, ils auront à leur disposition un diagnostic complet de la situation. La DDEA de la Haute-Garonne vient en effet de finaliser une étude sur les conditions du desserrement de l'activité économique à l'échelle de l'espace métropolitain toulousain. Dossier réalisé par Aline Gandy et Marie Lepesant

Toulouse, une oasis économique en plein désertrural? La caricature a beau agacer fortement en Midi-Pyrénées, elle ne semble pas tout à fait infondée. Chaque année depuis dix ans, l'aire urbaine de Toulouse accueille la moitié des 28.000 habitants supplémentaires que compte la région. À cette très forte croissance démographique s'ajoute un dynamisme économique sans pareil (+1,9% d'emplois par an depuis le début des années 2000 et+55% d'entreprises en cinq ans). Bien sûr, il ne s'agit pas pour Toulouse de renoncer à son attractivité et sa compétitivité mais l'ensemble du territoire régional doit pouvoir en bénéficier. Si cette problématique semble au coeur des préoccupations des élus, reste à dépasser la concurrence entre les territoires- toujours d'actualité- pour trouver le meilleur scénario sur le long terme. Impossible cependant de planifier la répartition des entreprises sur le territoire mais rien n'empêche, par exemple, de renforcer les atouts des zones d'activités hors de Toulouse. D'autant que bon nombre d'entreprises ne sont pas fondamentalement contre l'idée de s'y implanter.




Changer la donne

Présentée en février dernier, une enquête réalisée fin 2008 par le service aménagement du territoire et développement durable de la CCIT permettait d'en savoir plus sur l'implantation des entreprises à l'intérieur et à l'extérieur de l'aire urbaine de Toulouse. Trois facteurs ressortent comme déterminants pour les transferts de sociétés: une infrastructure routière performante avec échangeur et disponibilité foncière; le coût du foncier; l'implantation au coeur d'une zone d'activité. Pour les créations, ce sont davantage des raisons financières et personnelles qui sont mises en avant, ainsi que la présence d'une main-d'oeuvre locale. Autant de variables à intégrer dans les politiques d'aménagement du territoire de demain. Reste à savoir dans quelle mesure celles-ci seront impactées par la réforme des collectivités et celle de la taxe professionnelle. Véritable manne financière pour les collectivités, la TP contribue, de façon indéniable, à une logique du «chacun pour soi» peu compatible avec des enjeux d'équilibre du territoire. Espérons que de sa suppression naîtra une plus grande coopération...