Entreprise Malet : L'histoire continue

Entreprise Malet : L'histoire continue

Un an après son rachat par Spie Batignolles, Entreprise Malet décroche le premier partenariat public-privé (PPP) routier. Ce nouveau type de contrat permet au groupe de travaux publics toulousain de conforter ses positions sur les marchés publics qui représentent 60% de son activité. Marie Lepesant

Peu de temps après le décès accidentel de Jean-Claude Malet en septembre2009, la décision a été prise de céder Entreprise Malet, créée en 1910 à Portet-sur-Garonne, la famille gardant les Sablières de Malet. Un an plus tard, le premier groupe français de travaux publics indépendant était racheté par Spie Batignolles. Ce groupe, détenu à près de 80% par ses cadres dirigeants, a été choisi par la famille Malet «dans un souci de pérenniser le groupe et de garantir un avenir tant à ses collaborateurs qu'à ses activités.» Quant à Spie Batignolles (9.100 collaborateurs et 1.727M€en 2009, en comptant Entreprise Malet d'octobre à décembre), il ne lui manquait plus que les métiers de la route pour compléter l'éventail de ses activités (construction, génie civil et fondations, énergie et aménagement, projets immobiliers et concessions).




Un acteur de proximité

Si l'activité Grands Chantiers (travaux de terrassement essentiellement de chaussées sur des grands itinéraires routiers au niveau national) est indispensable, elle ne représente que 10% du chiffre d'affaires, selon les années. «Notre métier de base, c'est-à-dire l'aménagement urbain, l'entretien des routes départementales, l'assainissement, représente 70% de l'activité du groupe et mobilise 1.450 salariés», confirme Thierry Le Friant, directeur général d'Entreprise Malet depuis septembre dernier. Au fil des ans, le groupe toulousain s'est constitué un réseau composé à la fois d'agences, au nombre de treize, et de filiales, nées suite à d'opérations de croissance externe. Par exemple, l'entreprise Bellin TP en 2007, qui a permis à Entreprise Malet d'être présent dans l'Ouest, en plus du Sud-Ouest et du Sud-Est. «Nous n'avons pas de plan établi même si nous comptons à long terme étendre notre présence sur le territoire national. Nous pourrons y parvenir de différentes façons: en nous appuyant sur les implantations de Spie Batignolles, en faisant de la croissance externe ou en créant des agences en propre si nous décrochons plusieurs contrats dans une zone où nous sommes actuellement absents», explique-t-il.




Des partenariats industriels

Entreprise Malet possède, en propre ou avec des partenaires, des carrières de granulats (neuf qui produisent 1,4millions de tonnes par an), des centrales d'enrobage (19 qui fabriquent chaque année 1,7millions de tonnes d'enrobés) et des usines de liants (90.000 tonnes d'émulsions de bitume et de bitumes fluxés et 10.000 tonnes de bitumes modifiés). Ces différents sites industriels, localisés non loin des agences et filiales du groupe toulousain, lui permettent de subvenir à ses besoins. Une partie de la production est par ailleurs revendue. «Pour bien mailler le territoire, il nous manquait une centrale d'enrobage en Provence. Nous allons donc en créer une avec un partenaire carrier courant 2011. Ce projet nécessite un investissement d'environ 2M€», prévoit-il. Enfin, Entreprise Malet dispose de trois plateformes de recyclage: BTP Recyclage, qui lui appartient, MV Aquitaine et Toulouse Ambronat, qu'elle partage avec deux partenaires. Chaque année, ces usines traitent 600.000 tonnes de matériaux issus de la démolition de chaussées.




Être présent sur des marchés de niche

Depuis environ cinq ans, Entreprise Malet se positionne sur des marchés de niche: la pose de résines de sol, la réparation de chaussées, la déconstruction et le désamiantage. Alors que la première activité a été développée au sein d'un département du groupe, les deux autres sont gérées de manière autonome par deux sociétés: Gremair (ancienne filiale de Bellin TP) pour la réparation des chaussées et Décutis, basée à Brive, pour la déconstruction et le désamiantage. Si ces marchés de niche ne pèsent pas énormément dans le chiffre d'affaires du groupe, celui-ci n'exclut pas de s'ouvrir à d'autres marchés, en fonction des opportunités et notamment par le biais de rachat de sociétés.