1. Qui sont-elles? Jusqu'en 2008 et la loi de modernisation économique, les entreprises de taille intermédiaire n'avaient pas d'existence officielle. Trop grandes pour être qualifiées de PME mais trop petites pour être rangées du côté des grands groupes, les ETI comptent entre 250 et 5.000 salariés, affichent un bilan de 43M€ à 2Md€ et un chiffre d'affaires supérieur à 50M€ mais inférieur à 1,5Md€. Dans son étude baptisée «ETI: une stratégie de conquête», KPMG nous éclaire encore un peu plus sur le profil de ces poids moyens de l'économie française: en excluant les entreprises appartenant à des groupes étrangers, on compte 3.391 ETI. Mais en se concentrant sur les ETI dites récurrentes - celles qui ne sortent pas du périmètre en redevenant une PME ou en accédant à la catégorie des grandes entreprises -, le nombre est encore plus réduit: 1.787 entreprises recensées.
2. Où sont-elles?
Selon KPMG, c'est l'Ile-de-France qui compte le plus d'ETI (42% du total), puis Rhône-Alpes (9%). Mais en part de l'emploi total, c'est dans l'Ouest qu'elles pèsent le plus: en Bretagne, Basse-Normandie et Pays de la Loire, elles représentent entre 14,5 et 17% des emplois.
3. Sont-elles plus dynamiques que les autres entreprises?
Assurément, les ETI sont de véritables locomotives de l'économie française. Sur le plan de l'emploi d'abord: entre2000 et2008, les ETI permanentes ont créé plus d'emplois que la moyenne des entreprises françaises (14% de plus contre 11% de plus). 19% d'entre elles comptent augmenter leurs effectifs dans les deux prochaines années, 67% les maintiendront et seuls 13% les réduiront. Les ETI pèsent également lourd en termes d'investissement: 38% des investissements des entreprises françaises, presqu'autant que les grandes entreprises. Créatrices d'emplois, porteuses d'investissement, les ETI sont également tournées vers l'extérieur: 80% ont une activité à l'international. En 2010, 28% d'entre elles réalisaient plus de 30% de leur chiffre d'affaires à l'export.
4. Comment financent-elles leur croissance?
Souvent familiales, cultivant un management de proximité et dirigées par des personnalités très impliquées, les ETI souffrent par contre de leur souci d'indépendance lorsqu'il s'agit de financer leur croissance. «Une structure d'actionnariat familial s'accompagne souvent d'une réticence à perdre partiellement ou totalement le contrôle de l'entreprise», note KPMG. Sur les trois dernières années, les deux principaux moyens de financement des ETI ont été l'autofinancement (76% des cas) ou l'emprunt bancaire (40%). Cotation en Bourse et ouverture du capital sont des voies bien moins empruntées. Seules 5% des ETI interrogées par KPMG réfléchissent à une ouverture de capital dans les deux prochaines années. 2% pourraient se tourner vers la Bourse.
La France compte 3.300 entreprises de taille intermédiaire, considérées comme les locomotives de l'économie.
Dans une étude inédite, KPMG dresse le portrait de ces entreprises et détaille les enjeux auxquelles elles sont confrontées. Le point en quatre questions.