Énergie : 300 M€ pour assurer la transition
# Production et distribution d'énergie

Énergie : 300 M€ pour assurer la transition

En Midi-Pyrénées, le débat sur la transition énergétique a été lancé le 25 mars dernier. Sur la période 2011-2020, la Région consacre quelque 300 M€ à la production d'énergie renouvelable et à la réduction des consommations.

Comment aller vers l'efficacité énergétique et la sobriété ? Quelle trajectoire pour atteindre le mix énergétique en 2025 ? Quelle gouvernance ? Quels choix en matière d'énergies renouvelables ? Ces quatre questions sont au coeur du débat national sur la transition énergétique, décliné au niveau régional depuis le 25 mars dernier et qui fera l'objet d'une conférence de synthèse le 18 juin à l'Hôtel de Région. En Midi-Pyrénées, un diagnostic a été réalisé - sous forme d'un Schéma régional climat, air, énergie - co-élaboré avec l'État. Selon l'un des scénarios proposés par l'Ademe, les objectifs sont, d'ici à 2030, de réduire la consommation énergétique de 20 %, de couvrir 35 % des besoins énergétiques par le développement et l'utilisation des énergies renouvelables. À l'horizon 2020, c'est la diminution des émissions de gaz à effet de serre de 25 % dans le secteur du bâtiment et de 13 % dans le secteur des transports qui est par exemple visée. Côté moyens, dans le cadre de son Plan Midi-Pyrénées Énergie 2011-2020, la Région consacre une enveloppe de 300 M€ à la production d'énergie renouvelable et à la réduction des consommations. « Midi-Pyrénées se distingue à deux titres, souligne Gérard Poujade, président de l'Agence régionale pour l'environnement (Arpe) et conseiller régional. D'une part, sa production d'énergies renouvelables sensiblement plus élevée que la moyenne, grâce à la production d'hydroélectricité, via les barrages installés dans le Massif central et les Pyrénées. D'autre part, par ses caractéristiques en matière de logement. » En effet, la région dispose à la fois d'un fort taux de logements nouveaux, plus économes, principalement situés sur l'agglomération toulousaine, et d'un parc de logements plus anciens sur le reste du territoire, à rénover. « Nous avons constaté que nous sommes sans doute la région la plus en avance en matière de rénovation, avec un rythme de 10.000 logements par an », se félicite le président de l'Arpe.




De nouvelles perspectivespour les entreprises

« Produire plus d'énergie, la rationaliser davantage ou l'économiser sont des gisements de développement économique et d'innovation, analyse Frédéric Berly, chef de la Division énergie de la Dreal Midi Pyrénées. À l'image des industries qui se sont installées à proximité des massifs pyrénéens, il deviendra opportun de mobiliser les ressources de proximité, comme le solaire ou la géothermie. Le potentiel dont dispose la région est un atout majeur. » De l'avion qui consommera moins de kérosène, à l'habitat conforme aux nouvelles réglementations thermiques, des réseaux électriques dits intelligents à la fabrication et/ou installation de panneaux photovoltaïques et d'éoliennes, etc. : tous les champs sont ouverts.




Une Autorité organisatricede l'énergie à Toulouse

De son côté, Toulouse Métropole a créé un dispositif qui lui est propre, l'Autorité organisatrice de l'énergie (AOEN). Pas de doublon avec le Schéma climat, air, énergie de la Région, selon Antoine Maurice, président de la commission environnement et développement durable de Toulouse Métropole, qui juge que « le binôme Région/ intercommunalité joue un rôle primordial pour assurer la mise en oeuvre d'une stratégie énergétique territoriale cohérente et pragmatique. » À titre d'exemple, pour l'approvisionnement énergétique de la Zac Montaudran Aerospace, l'AOEN a rapproché quatre projets de Zac sur un périmètre proche pour assurer une réflexion énergétique globale. Au programme : la récupération d'une énergie fatale (chaleur des super calculateurs) pour alimenter une boucle d'eau tempérée et mettre en place un réseau de chaleur biomasse. De même, le raccordement de la ZAC de la Cartoucherie au réseau de chaleur urbain du Mirail, pour les besoins de chaud et de froid, évite la construction d'une chaufferie gaz estimée à un million d'euros et l'émission de 1570 tonnes de CO2 / an.

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