L’agenceur de food trucks Beau comme un camion (25 salariés, 3,5 M€ de CA) a changé de dimension. En reprenant Sign'Plexi fin 2023, ce jeune groupe basé à Castelnaudary (Aude) a fait d’une pierre deux coups. Il a d’abord sauvé Sign'Plexi, entreprise toulousaine en perte de vitesse après une histoire à rebondissements. Il ne restait plus que six salariés et un chiffre d’affaires de 450 000 euros. Elle avait pourtant connu des heures de gloire, comptant près de 40 collaborateurs et fournissant en signalétique des clients prestigieux comme Airbus et la Cité de l’Espace à Toulouse. Un an après cette reprise, l’entreprise a retrouvé de l’allant, avec un chiffre d’affaires de 700 000 euros et neuf salariés.
Une activité redynamisée
Ce regain s’explique d’abord par l’activité de Beau comme un camion. La PME audoise a attribué exclusivement à Sign'Flexi le flocage de ses food trucks. Du jour au lendemain, le toulousain a gagné un marché de 150 000 euros, lui permettant de retrouver l’équilibre.
Surtout, Robin Rouja et Nicolas Faelli, patrons de Beau comme un camion, ont dynamisé l’activité. "Nous avons redonné de l’énergie aux démarches commerciales, créé un site internet, repris la charte graphique, réinvesti près de 60 000 euros dans des machines", raconte Nicolas Faelli, le président du groupe. Ces initiatives ont trouvé écho auprès de l’équipe en place : "Ce sont des gens qui ont de l’expérience et qui aimaient leur entreprise. Le fait qu’on redresse les comptes par l’activité de Beau comme un camion leur a donné confiance."
Le retour de grands comptes
Cela a été payant : "Nous sommes revenus chez Airbus, par la petite porte, nous travaillons pour les laboratoires Cerballiance, les écoles TBS Education, les opticiens Anne et Valentin, et même Warner Bros pour l’événement Harry Potter à Montauban à l’automne 2024". L’activité de Sign'Plexi est plus large que le stickage de véhicules. L’entreprise réalise des enseignes, des panneaux, et, particularité, elle travaille le plexiglas, élaborant par exemple des cloches pour les musées.
La souplesse de l’internalisation
En regard, Beau comme un camion a aussi bénéficié de cette acquisition. Avec Sign'Plexi, la PME a internalisé les opérations de flocage de véhicules qu’elle faisait sous-traiter jusqu’alors. "Cela va même plus loin puisqu’on peut désormais proposer une palette plus large à nos clients : ajouter des sticks à l’intérieur du véhicule, un néon. Nous sommes plus agiles car nous n’avons pas à attendre le retour d’un sous-traitant". Cette union heureuse participe au fameux "gagnant-gagnant".
Beau comme un camion et Sign'Plexi sont réunis sous la holding RF Investissement, aux côtés d’une troisième entité : Les Tôliers, entreprise de tôlerie de 4 personnes, créée début 2023 par Robin Rouja et Nicolas Faelli. Là aussi, il s'agissait d'internaliser une activité : le traitement des pièces inox et acier. "Nous avons injecté 300 000 euros dans des machines, ce qui nous changeait de la perceuse à 80 euros de nos débuts", raconte Nicolas Faelli. Ce n’était qu’en 2020…
Démarré dans le jardin des parents
Lui qui a commencé par aménager son premier food truck dans le jardin de ses parents en 2017 préside désormais un groupe qui produit 7 à 8 véhicules chaque mois dans un atelier de 2 000 m2, devenu leader sur son secteur. À partir de cette année, l’innovation portera sur des aménagements de chariots : ces formats réduits permettent aux clients traiteurs de se déplacer dans des locaux d’entreprises, par exemple, dans le cadre d’événementiels.
"Nous allons recruter pour nos services support"
La holding a généré 5 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024. Avec ses trois entités complémentaires, "nous avons gagné en souplesse technique et en crédibilité auprès de nos clients. C'est un atout vis-à-vis de la concurrence". Robin Rouja et Nicolas Faelli pilotent désormais un équipage assez robuste pour prendre un rythme de croisière, de croissance douce. "Nous sommes aujourd’hui leader. Le plus dur maintenant, c’est de garder la place". Pour 2025, seule la tôlerie porte des objectifs de croissance ; pour les deux autres entités, l'heure est à la consolidation des activités.
Le petit inspire le grand
Un nouvel enjeu se fait jour : "Nous allons nous calmer et structurer le groupe, avant de perdre pied. Nous allons recruter pour nos services support : pour le contrôle de gestion, les ressources humaines. Aujourd’hui, vous nous trouvez encore à courir dans les ateliers ou à gérer le SAV", explique Nicolas Faelli, ingénieur de formation. Dans cette réflexion stratégique, l’acquisition de Sign'Plexi a fourni un apport indirect aux deux dirigeants. "Sign'Plexi, créé en 1988, avait un vrai plan de fonctionnement, contrairement à nous. L’observer nous aide pour la suite".