C’est un cataclysme, dont les répercussions sont difficilement mesurables. L’arrêt de l’aide internationale américaine, l’USaid, décidé par Donald Trump dès sa prise de poste en janvier dernier, a déstabilisé toute l’aide humanitaire mondiale. Et cette décision entraîne des effets domino. L’entreprise nantaise Fonto de Vivo, qui développe un dispositif afin de filtrer l’eau pour la consommation humaine, faisait 90 % de son chiffre d’affaires auprès d’ONG telles que Médecins sans frontières, Actions contre la faim, ou encore la Croix Rouge, toutes touchées par l’arrêt des aides. Avec huit personnes pour un chiffre d’affaires de 1,1 million d’euros, Fonto de Vivo a été placée en redressement judiciaire le mois dernier, afin de prendre le temps de trouver un repreneur.
En attendant, l’entreprise se tourne vers de nouveaux marchés, comme celui des camping-cars et vans, où les personnes sont en quête d’autonomie. "Nous travaillons directement avec des concessionnaires, comme Rémy Frères basé à Angoulême, pour pouvoir être distribué sur ce marché", souligne Anthony Cailleau, fondateur et dirigeant de Fonto de Vivo.
Absorber les soubresauts de l’humanitaire
"En 2024, nous avons eu de grosses commandes avec une progression de 25 % de notre chiffre d’affaires par rapport à 2023. Nous avions anticipé un certain stock pour pouvoir répondre en 2025 aux commandes et situations d’urgence", commente Anthony Cailleau. L’entreprise avait par exemple mobilisé 5 000 purificateurs d’eau pour la population de Mayotte fin 2024 lorsque le cyclone Chido avait laissé des milliers d’habitants sans accès à l’eau potable.
Mais au-delà de cette urgence, les commandes n’ont pas été à la hauteur attendue ces derniers mois. "Nous devons avoir des relais de croissance pour absorber les soubresauts du secteur humanitaire", ajoute le dirigeant.
Une filtration des éléments chimiques
Pour le secteur humanitaire, l’eau nécessitait surtout une filtration des éléments biologiques, pour éviter les contaminations et les proliférations de micro-organismes. Mais pour s’attaquer à un nouveau marché, celui des personnes en voyage, des adaptations du dispositif ont été nécessaires. "Nous avons ajouté sur le dispositif une partie au charbon actif pour éliminer les contaminants chimiques, comme le chlore, le fer, des pesticides, ou encore des métaux lourds et des résidus médicamenteux", énumère le dirigeant. Fonto de Vivo se veut compétitif sur le marché, avec un produit vendu 429 euros, et qui pourrait être directement proposé et installé par les concessionnaires.
Une reprise qui se dessine
Concernant la recherche d’un futur repreneur pour Fonto de vivo, Anthony Cailleau a quelques pistes, comme le groupe industriel allemand KF Group, qui intervient dans le traitement de l’eau, des sols et de l’air et qui est déjà présent au sein du capital de la start-up. "Nous sommes aujourd’hui trop petit pour répondre à des projets gouvernementaux d’accès à l’eau potable dans une région. En fonction de la nature du repreneur, nous pourrons répondre à de plus grands projets", espère Anthony Cailleau. Mais selon nos dernières informations, Donald Trump ne fait pas partie des potentiels repreneurs.