Verre à moitié plein ou verre à moitié vide? Selon le prisme par lequel on peut regarder la situation du marché de l'emploi dans le Haut-Rhin, celle-ci se montre à la fois inquiétante et... encourageante. C'est le constat fait, le mois dernier, par le préfet du département lors d'un déplacement à la plateforme Pôle Emploi dédiée aux contrats de transition professionnelle (CTP) à Mulhouse. «Nous avons encore de gros points noirs à déplorer: la crise économique se poursuit, cela s'est traduit par exemple par des suppressions de postes chez Wärtsilä, où la production a baissé des deux tiers, ou la fermeture d'Hymer, qui a souffert d'un marché de la caravane et du camping-car qui s'est effondré», déplore le représentant de l'État.
Zone de flottement
En trois ans, le chômage a progressé de 2,4 points, passant de 6,8% avant la crise à 9,2% à fin 2009. «Mais nous avons aujourd'hui atteint une crête», estime Jean-François Schumacher, directeur de la Direccte du Haut-Rhin, «qui situe le nombre de demandeurs d'emplois autour de 45.000». Une crête, effectivement, autour de laquelle fluctue le taux de chômage: encore +1,2% à fin avril. «Nous sommes dans une zone de flottement» ajoute-t-il, «nous ne savons pas si cela va repartir à la hausse ou à la baisse». Du coup l'État maintient la pression du côté du maintien ou du retour à l'emploi. Du maintien en augmentant le quota d'heures de chômage partiel (à 4,5millions d'heures en 2009, dont 1,4million ont été consommées). Du retour à l'emploi, notamment en étendant le dispositif du CTP (Cf. Journal des Entreprises n°33, avril2010) au bassin de Neuf-Brisach-Colmar. Déjà en place à Mulhouse depuis plus d'un an, le CTP concerne actuellement 1.192 demandeurs d'emplois, suivis par une trentaine de conseillers et un cabinet privé. S'il ne nie pas les «points noirs», le préfet veut aussi voir quelques «lueurs d'espoir»: une baisse de la demande de chômage partiel des entreprises, une reprise de l'intérim et, au-delà du CTP, le succès des dispositifs mis en place pour accompagner l'emploi.
Le semblant de reprise et les dispositifs publics mis en place semblent freiner l'hémorragie de l'emploi dans le Haut-Rhin. Mais la franche embellie se fait attendre.