Surprise. En Alsace comme ailleurs en France, la baisse du chômage enregistrée en juin (un anecdotique -0,2%) s'est inscrite à contre-courant d'une conjoncture toujours aussi morose. Les chiffres de juillet (-0,9%) sont encore plus étonnants. Peut-être partiellement liée à un décalage de l'enregistrement administratif des nouveaux inscrits lié à la fusion ANPE/Assedic, il ne faut pas prendre cette tendance pour argent comptant, explique-t-on au sein de Pôle emploi Alsace. Michel Pfister, chef de cabinet de la structure, nourrit «de grosses craintes pour la rentrée». «Beaucoup d'entreprises de la région ont annoncé des plans sociaux qui ont été négociés jusqu'à cet été et qui devraient démarrer en septembre», explique-t-il. Autres motifs d'inquiétudes: le retour à la case Pôle emploi de personnes qui avaient momentanément trouvé des CDD cet été et l'arrivée d'un flux de jeunes diplômés qui auront du mal à décrocher un premier job. «Septembre et octobre sont traditionnellement difficiles», rappelle Michel Pfister. Et, crise oblige, la bouffée d'oxygène que pouvaient apporter auparavant la Suisse ou l'Allemagne ne joue plus.
6.600 dossiers transférés au privé en Alsace
Dans ce contexte, qui s'est ajouté à une fusion ANPE/Assedic parfois douloureuse, le transfert en septembre d'une nouvelle vague de demandeurs d'emplois à des opérateurs privés (6.600 pour l'Alsace vers AEFTI et BPI) annoncé cet été devrait soulager (un peu) les agents de Pôle emploi. Et permettre à la structure de poursuivre le chantier de la fusion, notamment en matière d'accueil téléphonique et de mise en place de sites mixtes qui sont au nombre de 8 aujourd'hui dans la région, et qui seront une douzaine d'ici à octobre. À condition qu'une forte dégradation des chiffres du chômage ne vienne pas surcharger à nouveau un peu plus les 1.000 salariés de Pôle emploi dans la région.
Le calme avant la tempête? Malgré un recul de 0,2% du nombre de demandeurs d'emploi en juin et de 0,9% en juillet, la rentrée sera chahutée.