Petites lunettes posées sur un regard azur, Émilie Feral finit de ranger des dossiers. La jeune femme ne tient pas en place, enchaînant rendez-vous et réunions de travail. Difficile de grappiller quelques précieuses minutes dans son emploi du temps. Pourtant, une fois assise, la jeune P-dg d'Isotec, qui avoue être plutôt taciturne, se laisse aller et parle d'elle-même. «Je préfère écouter. Je parle en général assez peu. C'est en écoutant les autres que l'on apprend. Pour moi la vie est un apprentissage permanent. Il faut savoir se remettre en question en permanence», explique-t-elle en préambule. En revanche, elle n'aime pas les médias, surtout la télévision. «Les reportages proposent rarement une vision à 360º d'un sujet. Nous sommes trop souvent nourris d'informations tronquées. Je ne regarde plus la télévision. Je lis Le Monde ou les Échos une fois par semaine sur mon téléphone et je me contente d'écouter la radio une fois par jour, histoire de ne pas rater un second 11septembre...», poursuit-elle avec humour.
Démontrer ses compétences
Née à Arles, dernière d'une famille de trois soeurs, rien ne la destinait à reprendre l'entreprise créée par son père. C'est à la suite de son stage au sein de l'entreprise familiale Isotec, spécialisée dans le traitement de l'amiante, l'isolation thermique ou encore la protection incendie passive, durant ses études de commerce à Avignon, qu'elle décide d'intégrer l'entreprise. «J'avais fait un stage à la CCI d'Avignon et un autre à Eurocopter. Il était clair que je voulais travailler dans une PME. Toutefois, quand j'étais jeune je ne songeais pas à reprendre l'entreprise de mon père. C'était un monde très masculin, qui m'était très éloigné. D'autant que je n'avais pas une relation très fusionnelle avec mon père», commente-t-elle, en rappelant toutefois que jusqu'à la construction des locaux actuels, Isotec était localisée... dans la maison familiale. «À l'issue de mes études, quand mon père m'a demandé de le rejoindre, j'ai eu l'ouverture d'esprit d'accepter. Pendant deux ans, je suis passée par tous les postes de la PME, puis tout s'est enchaîné...» Un souci de santé éloigne en effet pendant trois mois son père de l'entreprise et c'est elle qui prend alors en main le destin d'Isotec. «Quand mon père est rentré dans l'entreprise il m'a poussé à demeurer à la tête... J'ai su démontrer mes compétences et j'ai été bien entourée par deux de nos directeurs. Le plus difficile dans une transmission c'est d'arriver à démontrer son savoir-faire, à la fois en interne, auprès des fournisseurs, mais également auprès de son entourage. Isotec comptait 40 salariés à ce moment-là». L'entreprise en compte aujourd'hui 90, dont 35 en Algérie...
A 31 ans, Emilie Feral est à la tête de la société tarasconaise Isotec. La jeune femme passionnée d'international, qui vient tout juste d'abandonner la présidence de l'association d'exportateurs Procamex, souhaite développer l'activité de l'entreprise à l'export.