Embouteillages : Quelles solutions alternatives?

Embouteillages : Quelles solutions alternatives?

Près d'un tiers des entreprises girondines connaît des difficultés liées au trafic routier. La principale coupable: la rocade bordelaise. Certaines d'entre elles mettent en oeuvre diverses solutions afin de pallier les retards et les désagréments.

Décalage horaire et télétravail chez ExcoEcaf «Depuis que je suis tout petit j'entends parler du problème de la rocade», commence Philippe Lafargue, expert-comptable et commissaire aux comptes chez ExcoEcaf à Mérignac, qui compte une cinquantaine d'employés. «Selon moi, il arrivera un moment où cela bloquera le développement économique, et pourtant rien n'est fait pour arranger la situation». C'est pour cela que chez ExcoEcaf, on a pris les choses en main: «Nos collaborateurs subissent ce problème quotidiennement. C'est très difficile voire impossible pour des personnes habitant rive droite de venir travailler ici. Au moins trois heures de transport aller-retour tous les jours, on ne tient pas trois mois», commente l'expert-comptable. À cela s'ajoute le problème de la vie de famille. Comment récupérer ses enfants si on est tout le temps bloqué dans les bouchons ? L'entreprise s'est donc adaptée en imaginant des solutions avec les collaborateurs. «La première solution, c'est le décalage des horaires de travail. Au lieu de commencer à 9h, certains ont fait le choix de commencer vers 7h30 voire 6h du matin. Le risque, c'était d'être en décalage avec les clients, mais nos collaborateurs ont appris à gérer ces contraintes avec eux, à les éduquer à ces horaires un peu particuliers. Ils ne s'en plaignent pas, ils savent que c'est pour pouvoir leur rendre de manière efficace le service qu'ils attendent.» La seconde solution, qui n'est actuellement choisie que par une seule personne, c'est le télétravail. «Un jour par semaine, cette personne se connecte à distance sur nos serveurs pour travailler depuis son domicile. Finalement, l'entreprise ne connaît aucun désagrément, bien au contraire: «Le système fonctionne très bien avec nos collaborateurs depuis une douzaine d'années. La contrainte est telle qu'on ne peut pas ne pas être attentifs, on essaie de leur faciliter la vie.»






Suez environnement: l'écologie individualisée

Grâce aux chiffres de son bilan carbone de 2007, le centre régional Bordeaux-Guyenne Lyonnaise des Eaux s'est rendu compte que la deuxième source d'émission de gaz à effet de serre était les déplacements de ses salariés. En 2011, aidée par l'Ademe, l'entreprise expérimente un programme individualisé de sensibilisation à l'éco-mobilité de ses employés, un service proposé par Mobilidée. Le résultat: «50% des salariés qui ont participé ont évolué vers des modes de déplacement plus écologiques: bus, covoiturage...», explique Sandrine Larrouy-Castera, la responsable communication. On sent vraiment qu'il y a un basculement, surtout avec l'augmentation du prix de l'essence». Une expérience positive qui conduit aujourd'hui l'entreprise qui déménage une partie de son personnel sur la zone du phare à Mérignac, à renouveler l'effort. Dans cette nouvelle implantation, il y aura moins de places de parking et certaines seront réservées au covoiturage. «Cela sera contraignant pour ceux qui ne pratiquent pas le covoiturage», justifie l'entreprise. A cela devrait s'ajouter la mise à disposition d'un parc de vélos et le remboursement d'une partie des abonnements de transports en commun. Les coûts restent faibles, le plus important étant l'accompagnement individuel, pris en charge à 50% par l'Ademe

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Transports doux pour le groupe Sud-Ouest

Le groupe Sud Ouest, rive droite, adhère au Cité Pass' de TBC. «Pour 25,60€ par mois, les employés qui le veulent peuvent utiliser tous les services de transport de la CUB, explique Francis Moya, responsable de la gestion de déplacements. Le groupe gère uniquement l'inscription, ensuite c'est à l'employé de décider ce qu'il en fait. Une centaine de personnes l'utilise chez nous.» Les problèmes de déplacement se situent plutôt en journée. «Il y a beaucoup de commerciaux et de journalistes en déplacement, et le centre-ville, en voiture, c'est difficile d'accès. Alors nous avons opté pour la bicyclette. Cinq vélos à assistance électrique sont mis à disposition par la société E2M Bordeaux, pour une centaine d'euros par vélo et par mois». Dernier projet en date: l'essai de la 2 place électrique Renault Twizzy. «Le vélo, c'est bien, mais s'il pleut, si vous êtes deux ou si vous avez un colis volumineux à transporter, c'est beaucoup plus pratique.!» Cette praticité à un coût: 9.000€.






Horaires décalés chez Bonnet étanchéité

Il y a un an et demi, Alain Bonnet, gérant de Bonnet étanchéité, en a eu assez que ses salariés perdent un temps précieux sur la rocade bordelaise. «Les gars embauchaient à 8h à l'entreprise, à Cenon, puis partaient sur les chantiers, souvent situés rive gauche, en passant un temps fou dans les embouteillages. Pour éviter l'heure de pointe sur le pont d'Aquitaine, nous avons convenu d'un horaire d'embauche plus matinal, à 7h30». Résultat: un trafic fluide sur la rocade et des économies de carburant. L'entreprise est désormais implantée à Saint-André-de-Cubzac, mais l'heure d'embauche n'a pas varié: 7h30.