"Femme dans un métier très masculin": c'est dans cette catégorie qu'Élodie Plagnes, peintre en bâtiment basée à Raphèle-les-Arles, a remporté un trophée lors du Concours de la distinction artisanale, organisé le mois dernier par la Chambre de métiers et de l'artisanat des Bouches-du-Rhône. Une consécration pour la jeune femme, qui peut s'enorgueillir d'avoir su mener à bien sa reconversion professionnelle. «Même si je suis fille d'artisan peintre, à l'origine, je n'étais pas du tout partie sur cette voie, confie-t-elle. Titulaire d'un BTS action co, je travaillais comme commerciale et je gagnais très correctement ma vie. Mais ce métier ne me convenait pas. Je sentais qu'il fallait que je me réalise autrement». Élodie Plagnes décide alors de tout plaquer pour passer un CAP de peintre. «Cela n'a pas tout de suite été facile, sourit-elle. J'avais presque 25 ans, j'étais mère de famille, et je me suis retrouvée en CFA avec des garçons de 15 ans. J'ai eu mon diplôme en neuf mois».
« Les mentalités ont évolué»
En 2003, immédiatement après l'obtention de son CAP, elle décide de créer sa propre entreprise. «C'était mon objectif, mon rêve, explique-t-elle. Et aujourd'hui, huit ans après, je ne regrette rien. Si c'était à refaire, je le referais...» Avec des carnets de commande remplis et un bouche-à-oreille très positif, cette mère de trois enfants a pu recruter un salarié et forme actuellement une apprentie. «C'est important pour moi de former une fille, dans ce secteur du bâtiment qui garde encore un côté macho. Même si les mentalités ont énormément évolué, certains restent sceptiques. Pourtant, j'ai pu constater que le fait d'être une femme peut être un avantage. Car dans mon métier, lié à la peinture et à la décoration, cela signifie souvent pour les clients que l'on sera minutieuse, propre et que l'on soignera les finitions. Mais il est vrai qu'au départ, clients et confrères vous attendent au tournant. Une femme doit prouver deux fois plus qu'un homme qu'elle est capable de faire ce travail».
@email
- LE PROFIL