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Elisabeth Lamure : "L'administration doit aider et non plomber les entreprises"
Interview Rhône # Gestion

Elisabeth Lamure sénatrice du Rhône Les Républicains "L'administration doit aider et non plomber les entreprises"

La sénatrice du Rhône, Elisabeth Lamure (Les Républicains), préside une délégation sénatoriale aux entreprises. Elle organise jeudi 16 mars une journée au Sénat pour proposer d'avancer sur la simplification administrative. Une gageure ?

La Délégation sénatoriale aux entreprises, présidée par la parlementaire Elisabeth Lamure (Les Républicains), attend près de 150 entrepreneurs au Sénat jeudi 16 mars, pour la deuxième édition de la Journée des entreprises. Cette délégation, composée de 42 sénateurs désignés à la représentation proportionnelle des groupes politiques, est chargée d’informer le Sénat sur la situation des entreprises, de recenser les obstacles à leur développement et de proposer des mesures en vue d’encourager la croissance et l’emploi dans les territoires. À quelques semaines de l'élection présidentielle, cette journée doit permettre de fournir au prochain président de la République des solutions à mettre en œuvre pour simplifier la vie des chefs d'entreprises. Comment faire en sorte que ce rapport ne vienne pas juste s'ajouter aux autres, restés lettre morte ? Réponses de la sénatrice du Rhône.

Le Journal des Entreprises : Quelle méthodologie avez-vous adoptée pour entendre les doléances des chefs d'entreprises ?

Elisabeth Lamure : Depuis deux ans nous sillonnons les départements. Nous avons rencontré plusieurs centaines de chefs d’entreprises qui viennent s’exprimer et témoigner. On a constaté qu’au-delà des doléances traditionnelles sur la lourdeur du code du travail ou la fiscalité, ils ressentent un profond ras-le-bol administratif et normatif. Les entreprises veulent de la souplesse car elles courbent sous le poids de la paperasse. Des règlementations. Parfois même, les TPE disent craindre d’être hors la loi car elles n'ont pas le temps ni les moyens de suivre de très près l’évolution de la réglementation. Tel autre dirigeant peut nous expliquer qu’il ne commence réellement son travail de chef d’entreprise qu’à partir du mercredi midi.

Quelles solutions envisagez-vous ?

E.L. : Nous proposons de reproduire ce qui existe et qui a fait ses preuves. Ne réinventons pas la poudre ! Nous sommes assez inspirés par les Pays-Bas, la Suède et l'Allemagne. Ces pays régulent le flux de textes grâce à une règle de compensation entre créations et suppressions de normes. Ils utilisent aussi un indicateur opérationnel utilisé par les dirigeants : la roue de Deming qui consiste à reproduire un cercle vertueux : préparer/exécuter/contrôler/ajuster. Mettons aussi en œuvre des études d'impact préalables, il faut que notre pays passe à la culture de l'évaluation.

N'y-a-t-il pas surtout un manque de volonté politique ?

E.L. : C'est un fait, la volonté n’est pas là. On le voit au nombre de secrétaire d’Etat à la Simplification qui se sont succédés sous la présidence de François Hollande. On a une administration très performante mais elle n’accompagne pas suffisamment les entreprises, il n’y a pas assez de lien de confiance. Et c’est contradictoire avec les objectifs de croissance. Pour que les entreprises retrouvent de la compétitivité il faut que tout le monde s’y mette, y compris l’administration. Pour l’instant on observe que les fonctionnaires ou hauts fonctionnaires fait parfois barrage et paraissent mettre des boulets aux pieds des dirigeants. L’administration ne doit plus imposer et être hégémonique. Elle doit accompagner, aider, appuyer, conseiller les entreprises. Il faut inverser la tendance et faire de la compétitivité des entreprises une cause nationale. Si chaque Français a un emploi, le reste suivra.

Comment faire en sorte que votre rapport ne s’ajoute pas à la pile déjà conséquente de rapports traitant du même sujet ?

​​​​​​​E.L. : Cette journée du 16 mars au Sénat réuni plus de 150 entreprises. L’idée est que les propositions de notre rapport soient mises à la disposition de celui qui sera élu président de la République. Nous comptons mener une action forte fin juin au Sénat pour faire entendre ce dossier.

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