Du 20 octobre au 24 novembre, la start-up niortaise Elio (3 collaborateurs, 6 associés), conceptrice du robot éducatif Eliobot, conduit une campagne de financement participatif sur My Moojo, plateforme française basée à Angoulême dédiée aux projets pédagogiques. Cette campagne doit permettre de lancer la production du robot nouvelle version, par un système de précommandes. Dans un second temps, une levée avec ouverture du capital sera envisagée courant 2026 pour accélérer le développement commercial.
Après le Lego et le Meccano
Eliobot est un robot mobile que l'enfant peut fabriquer, puis programmer pour circuler. Il existait le Lego, puis le Meccano ; "nous proposons l’étape suivante", glisse Romain Boutrois. Cet ingénieur en robotique a créé son entreprise en février 2022 dans le but de faire découvrir les sciences et technologies aux plus jeunes. Une démarche qui vise à démocratiser la technologie, pour ne pas en avoir peur et la maîtriser, dans un monde où l’IA devient omniprésente et où, paradoxalement, les secteurs industriels peinent à recruter des profils techniques.
La start-up, incubée à Altae Technopole, a déjà vendu plus de mille robots et s’apprête à passer à l’échelle industrielle. Un tiers de sa clientèle est composé de structures éducatives : écoles, collèges, jusqu’à des écoles d’ingénieurs. Les autres clients sont des particuliers. Déjà distribué sur les plateformes de Cultura et Nature & Découvertes, Elio mène des discussions pour être référencé par des distributeurs de matériel pédagogique.
Des paliers de 10 000 euros
Cette campagne de financement fonctionnera par paliers de 10 000 euros, correspondant à des étapes liées aux objectifs de développement de l’entreprise. Le premier palier couvrira les frais nécessaires pour lancer la production du robot. Pour l’heure, les pièces de plasturgie sont réalisées dans les locaux d’Elio par fabrication additive, mais dès que le volume sera présent, un sous-traitant des Deux-Sèvres prendra le relais. Les composants électroniques sont importés d’Asie. Là encore, "notre but est d’atteindre un certain volume pour rapatrier la production en Europe, voire en France."
Le palier de 20 000 euros permettra de financer de nouveaux accessoires. Les compétences du robot sont évolutives, "il évolue en même temps que l’enfant", glisse le créateur. À 30 000 euros, Elio affinera le développement d’une plateforme pédagogique, qui propose à l’enfant des défis à réaliser avec son robot, des conseils pour y parvenir, et créée une communauté d’utilisateurs sur le modèle de fablabs, fréquentés par Romain Boutrois. "On y apprend en faisant, on s’entraide entre pairs", glisse ce dernier.
Dans les starting-blocks avant Noël
Ces développements d’Eliobot sont déjà en cours. "On le fera dans tous les cas, mais si on atteint ces paliers de financements, on le fera plus vite", explique le dirigeant. Ainsi, pour l’étape envisagée à 50 000 euros, il a déjà commencé à développer une application, comme un jeu mobile, qui permettrait de démocratiser les apprentissages autour d’Eliobot sans avoir à acquérir un robot.
Neuf, le robot coûte 149 euros (moins pendant la campagne de novembre). L’entrepreneur compte sur Noël pour booster ses ventes, comme l’an passé. Quelle que soit l’issue de la campagne de financement, "nous sommes dans les starting-blocks pour la production", prévient-il.