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Elections à la CCI : A Bordeaux, le match aura bien lieu
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Elections à la CCI : A Bordeaux, le match aura bien lieu

Les élections à la CCI de Bordeaux se dérouleront du 20 octobre au 2 novembre. Deux listes se disputent les suffrages des chefs d'entreprise: la liste d'union patronale Medef/CGPME, emmenée par Pierre Goguet, et la liste CCI Autrement, montée par un trio féminin.

Le suspense aura duré jusqu'à la dernière minute. Le 23 septembre, dernier jour pour enregistrer une liste pour les élections à la Chambre de commerce et d'industrie de Bordeaux, Betty Ourry (Gestamatic), Natacha Pauillac (Pauillac Traiteur) et Sabine Marzat (agant général Aviva) déposaient leur liste : CCI Autrement. La campagne électorale qui se déroule jusqu'au 1er novembre verra donc s'affronter deux listes : la liste d'union Medef/CGPME et CCI Autrement.

« Accompagner la digitalisation des entreprises »

Le Medef et la CGPME ont à nouveau décidé de présenter une liste commune, dévoilée le 8 juillet. On y trouve 30 femmes et 50 hommes, 20 représentants CGPME et 60 Medef, et douze Libournais, la CCI de Libourne étant amenée à fusionner avec celle de Bordeaux. La liste est conduite par Pierre Goguet, actuel président de la CCI de Bordeaux, qui précise ses priorités pour la prochaine mandature : « accompagner la transformation digitale des entreprises, développer une démarche de proximité, identifier les meilleures expertises et nouer des alliances où qu'elles se situent... » Et Serge Marcillaud, président de la CGPME Gironde, d'ajouter : « Certains territoires ruraux sont en train de mourir. L'un des enjeux du prochain mandat sera de leur apporter du soutien, d'aller vers les entreprises qui ont besoin de conseils et de compétences ». Lors de sa campagne, Pierre Goguet compte faire valoir le bilan de son équipe : « le nouveau campus de Kedge, l'arrivée des écoles Ferrandi et des Gobelins, et surtout le lien permanent avec tous les territoires, grâce au travail de proximité effectué par Philippe Loiseau et Alfredo Julio ».

De son côté, CCI Autrement présente une liste qui compte 22 candidats dans les trois collèges (industrie, services et commerce). « Trop d'entrepreneurs ne se sentent pas représentés par la CCI, nous voulons apporter un souffle nouveau, déclare Natacha Pauillac. Nous n'avons pas de reproches à faire à la CCI, mais nous pensons qu'il faut apporter du renouveau ». Et Betty Ourry d'ajouter : « Osons le dire : il faut rajeunir une instance comme la CCI. Et arrêter la cooptation »

La liste du Medef face à l'une de ses administratrices

Le dépôt de cette liste est diversement apprécié au Medef. Car le syndicat patronal compte parmi ses administrateurs une certaine... Betty Ourry. « Il est tout à fait compréhensible qu'elle présente sa liste, explique Jean-François Cledel, président du Medef Gironde. La constitution de la liste d'union Medef/CGPME a été particulièrement difficile, car il fallait tenir compte de la répartition par collège, par taille d'entreprise, donner leur place aux nouveaux élus du Libournais, constituer des binômes paritaires pour la CCI de région. Betty Ourry n'a pas été retenue : elle décide donc de présenter sa liste pour se faire élire. Je n'ai pas d'animosité contre elle ». Un discours policé que ne partagent pas tous les représentants du Medef : « elle s'est brouillée avec tout le monde », explique un entrepreneur. « Certains postes nécessitent de jouer collectif et de s'impliquer. Elle ne fait ni l'un ni l'autre », ajoute une élue consulaire. Du côté de CCI Autrement, on refuse que la campagne se résume à un combat entre Betty Ourry et le Medef : « Nous sommes trois à s'être mobilisées pour constituer la liste et nous présentons un collectif », insiste Natacha Pauillac. Pour sa part, Betty Ourry précise : « Je ne suis pas fâchée avec le Medef et CCI Autrement n'est pas l'adversaire du Medef. Nous portons nos idées sans arrières pensées ».

« Plus de transparence »

Les candidats de CCI Autrement ont mis en ligne un site web pour présenter leurs valeurs. Pour ce qui est du programme : « Il faut s'intéresser aux vrais problèmes des chefs d'entreprise, explique Betty Ourry. Sur des sujets comme la norme Iso 9001 ou le RSI, la CCI doit devenir l'interlocuteur privilégié des entrepreneurs, les aiguiller et les renseigner. Par ailleurs, il faut qu'il y ait plus de transparence dans les décisions prises. Par exemple, les assemblées générales doivent être accessibles par webcam. La liste Medef/CGPME dit qu'il faut plus de numérique. C'est l'évidence ! Ca commence par présenter sa liste sur le web. Concrètement, il faut mettre en place des outils comme les MOOC (cours en ligne accessible à tous, ndlr) plutôt que d'organiser des réunions en journée, quand les patrons travaillent ».

CCI dispendieuse ou économe ?

Autre sujet qui tient à coeur de Betty Ourry : la maîtrise des budgets. « Nous sommes habitués aux économies dans nos petites boîtes. Quand je monte à Paris, je fais attention au prix de la voiture de location, à l'hôtel, et je multiplie les rendez-vous. La bonne gestion se fait à l'économie, et il faut faire la même chose à la CCI ». Un propos qui met en cause les dépenses de l'équipe actuelle et que conteste Philippe Loiseau, président de la commission proximité : « Jamais la CCI n'a été aussi économe, en raison des restrictions budgétaires imposées par l'Etat et du caractère vertueux de Pierre Goguet, dont je rappelle qu'il est expert-comptable. Sa première décision comme président a été de renoncer à la voiture de fonction, au chauffeur et à toute rémunération. Et beaucoup d'élus consulaires ne se font pas rembourser leurs frais ».

22 candidats pour 80 sièges

CCI Autrement présente 22 candidats, essentiellement bordelais, dont douze ont vocation à siéger à la CCI régionale. Pourtant, 80 sièges sont à pourvoir. « Nous avons disposé de peu de temps pour constituer notre liste et nous n'avons pas de permanent pour nous aider, comme chez les syndicats patronaux », se justifie Natacha Pauillac. Le dépouillement est prévu pour le 7 novembre.

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