Son marché, celui de la fibre optique, est gigantesque. De l'ordre de 15milliards de dollars. Ses concurrents sont parfois des mastodontes, à l'instar d'Alcatel Lucent. Pourtant, Ekinops, une PME de Lannion (Côtes d'Armor), a rapidement su prendre sa place dans l'univers des équipementiers télécoms. Cette place, la société de 65 collaborateurs dirigée par Didier Brédy a d'abord été la chercher aux États-Unis, où Ekinops a engrangé l'an passé plus de la moitié de ses revenus.
30millions levés en sept ans
À l'origine de l'aventure, François-Xavier Ollivier et Jean-Luc Pamart, deux ingénieurs d'Alcatel ayant anticipé les besoins croissants en bande passante pour internet. Ils développent des boîtiers WDM, adaptés au transport optique à très haut débit. Les phases de R & D et de commercialisation sont et gourmandes en capitaux. En trois temps, Ekinops lève près de 30millions d'euros auprès de six investisseurs extérieurs. Il y a cinq ans, la start-up ne vendait encore rien aux opérateurs télécoms, ses clients d'aujourd'hui. Puis, l'activité décolle. D'abord aux États-Unis. «Le marché américain est idéal pour notre technologie. Les distances sont longues. Un environnement dans lequel nous sommes particulièrement performants et compétitifs en termes de prix», explique Didier Brédy. L'actuel P-dg a rejoint l'entreprise à cette époque. Tout sauf un hasard. Ce diplômé Sup Télécom a évolué vingt ans dans des entreprises technologiques d'outre-atlantique. Ekinops y implante une filiale et décroche de belles références, comme l'opérateur Global Crossing. Dans les pays où il pense pouvoir percer, le Breton dupliquera son modèle américain. La PME s'implante ainsi en Grande-Bretagne, en Norvège, en Pologne ou en Israël. Cette stratégie d'expansion géographique semble porter ses fruits, l'activité de la PME en Europe de l'Ouest rattrapant progressivement celle réalisée outre-atlantique.
Ekinops
(Lannion) P-dg: Didier Brédy 65 salariés 13millions d'euros de CA 02 96 05 00 30