Démultiplier l’impact local en valorisant davantage le don. C’est l’objectif affiché par la start-up Edons, créatrice d’une plateforme de collecte de dons pour développer le mécénat d’entreprise. Son fondateur, Antoine Lagorce, s’est basé sur les chiffres de l’Admical, expert associatif du mécénat d’entreprises, qui évaluent à 9 % le nombre d’entreprises mécènes en France. "Dans un contexte de pénurie budgétaire pour les associations cherchant à diversifier et augmenter leur financement, Edons veut permettre à des entreprises d’utiliser ce dispositif fiscal pour réorienter leur impôt au plus près de leur centre d’intérêt", souligne le dirigeant, ancien agent Enedis reconverti.
Pour les entreprises, les avantages de cette solution sont nombreux : fiscal d’abord puisque donnant droit à une réduction d’impôt de 60 %, mais aussi positif pour leur image et potentiellement valorisable dans la nouvelle réglementation CSRD. "Par débordement aussi, on s’est aperçu que ça augmentait en moyenne de 15 % le chiffre d’affaires des entreprises, puisque les associations cooptent en interne. En tenant à jour une cartographie des entreprises qui les financent, elles incitent leurs membres à aller consommer localement. Cela amène donc de nouveaux clients, l’argent circulant dans des boucles plus courtes".
Mécénat par microdon
Le modèle économique d’Edons est variable, mais le mécénat qu’elle adresse reste toujours numéraire. La plateforme permet aux entreprises d’établir un panel d’associations prédéfini à qui donner, "correspondant à ses propres intérêts", et de permettre aux clients ou à ses salariés d’en sélectionner une en incluant le don à une prestation (comme un repas servi pour un restaurant, par exemple). Un moyen de faire du mécénat "par micro-don, en incluant dans la prestation vendue par une entreprise, un volume de don, le scan d’un QR Code servant de véhicule technique". Une manière, aussi, de rendre plus visibles les actions de l’entreprise, et pour les salariés, de les impliquer davantage dans la vie associative. Le tout est gratuit pour les associations qui s’inscrivent sur la plateforme, le modèle économique étant supporté par les entreprises à hauteur de 10 % du volume de dons.
"L’entreprise Picoty, par exemple, a consacré une enveloppe de 15 000 euros au mécénat. Chaque salarié s’est retrouvé avec un jeton individuel de mécénat d’entreprise qu’il a pu orienter parmi une dizaine d’associations soutenues par l’entreprise", explique Antoine Lagorce.
Enchères inversées
"Ces deux modèles abondent une base de données de mécènes, qu’Edons peut convier à l’organisation, sur sollicitation d’une association, fondation, ONG ou autre, à une soirée de levée de fonds de mécénat", poursuit le dirigeant, qui monnaye ce service.
La start-up a, enfin, développé un modèle de levée de fonds par système d’enchères inversées. "On part de l’enchère la plus haute, par paliers. On assure ensuite les relances, notre objectif étant d’être au plus proche des promesses de dons". C’est ce qui a permis à l’Opéra de Limoges de collecter 128 500 euros. WWF France, elle, vise 200 000 euros. "Plus je fais de levées de fonds, plus la base de données d’Edons prend de la valeur". La société prend, là aussi, 10 % du volume de dons, avec un objectif de don minimum à collecter.
Pour l’heure, la start-up revendique 130 entreprises et 140 associations utilisatrices et 408 000 euros collectés à fin avril. Son fondateur, seul à la barre, déploie des commerciaux indépendants en Nouvelle-Aquitaine mais aussi en Auvergne-Rhône-Alpes, vise un déploiement national et 1 million d’euros de dons collectés d’ici à fin 2025.