En ces temps de pouvoir d'achat en berne, un insatiable entrepreneur, Serge Frauenfelder, vient de lancer à Geispolsheim le premier destockage alimentaire du grand Est, Ecodestock.
Le créateur
Serge Frauenfelder a le goût d'entreprendre, et, par-dessus, tout, de créer. Mais aussi de casser les codes établis. Depuis sa première entreprise, lancée il y a 17 ans, cet autodidacte aujourd'hui âgé de 38 ans a été à l'initiative de sept sociétés dont la dernière née Ecodestock, vient de voir le jour. Avec cette société de destosckage alimentaire dont l'entrepôt de vente a ouvert début mai, Serge Frauenfelder se lance le défi de se frayer un chemin dans un secteur qu'il connaît peu, mais qui est aussi peu développé en France. «J'aime être là où on ne m'attend pas, sortir des sentiers battus.»
La genèse
Propriétaire des locaux qui abritent ses trois sociétés actuelles, à Geispolsheim, Serge Frauenfelder à l'habitude de s'équiper sur les sites de ventes aux enchères. «J'ai été un jour sollicité pour récupérer un stock de marchandise alimentaire dont la date limite d'utilisation optimale (DLUO) était dépassée». Bénéficiant de l'expertise d'un entrepôt parisien exerçant ce type d'activité, et conscient de la baisse actuelle du pouvoir d'achat des ménages, il se lance alors dans ce créneau, inexistant dans le grand Est.
Le concept
Serge Frauenfelder négocie auprès de grossistes mais aussi d'acteurs de la grande distribution des produits alimentaires dont la DLUO est proche ou dépassée. Au-delà de cette date, le produit ? conserves, packs de lait, jus de fruits, biscuits, condiments... ? peut perdre en qualité gustative, nutritionnelle sans présenter de danger pour la santé. Commercialiser ces produits au-delà de la DLUO est d'ailleurs légal. Pour son entrepôt, le dirigeant, qui emploie deux personnes, privilégie les marques, pratiquant des prix 10 à 80% moins chers que ceux des grandes surfaces. «Je fais du low cost alimentaire, mais pas au détriment de la qualité, ni de l'accueil et du service. Ma plus belle récompense: voir les gens repartir avec le sourire.»
Les perspectives
Les deux premiers mois écoulés ont été satisfaisants. Avec 25 palettes écoulées en moyenne par semaine, «on est au-delà des objectifs que l'on s'était fixé», indique le dirigeant, sans donner d'indications chiffrées. Au-delà de ce premier entrepôt de 250m², celui-ci espère en tout cas décliner le concept dans d'autres entrepôts sur l'agglomération strasbourgeoise, même si sa priorité est de consolider l'affaire, et de préserver une structure à taille humaine. Il est actuellement à la recherche d'un second local, et prévoit d'embaucher deux personnes supplémentaires.
Contact: 03.88.18.99.35