s Triple Shut est la dernière start-up née de Telecom Bretagne. Et elle joue déjà dans la cour des grands. Ses lunettes 3D pour le cinéma ont équipé le Club de l'Étoile à Paris pour la présentation à la presse du film événement Avatar de James Cameron. Jean-Louis de Bougrenet n'en est pas à son coup d'essai. Le responsable du département optique de Telecom Bretagne était déjà le P-dg d'Optogone. Eyes Triple Shut (E3S) est sa 4e start-up. Et cette fois on est venu le chercher. «Les professionnels savaient que nous avions la technologie», explique-t-il. Cette technologie? Les cellules de cristal liquide minces. Elle permet d'équiper les lunettes actives pour la visualisation de contenus en 3D. Première application: le cinéma. La Fox, studio qui produit Avatar, le film événement de James Cameron sorti en décembre a choisi E3S. Pourquoi? «Grâce aux cristaux liquides minces, nos lunettes sont beaucoup moins grosses, moins lourdes. Il y a aussi un meilleur rendu des couleurs et des angles de vue plus importants», liste le fondateur. Autre avantage par rapport à son concurrent XpanD: au lieu d'une pile, les lunettes d'E3S utilisent un chargeur qui sert aussi de support de rangement. «On a développé ça en étroites relations avec les exploitants de salles».
TF1 et Canal+
Pas question de se tromper, il faut coller aux demandes du marché et faire vite. Si cela fait quinze ans que les équipes de Telecom Bretagne travaillent sur le sujet, et deux ans sur l'idée précise, ce n'est que depuis août que le prototype est en marche.
«Il va y avoir beaucoup de concurrence. La 3D, pour l'instant c'est pour le cinéma, mais nous travaillons déjà sur un modèle de lunettes personnelles», ajoute le scientifique. Elles serviront pour les jeux vidéos, la télévision,etc. «Nous travaillons déjà avec TF1 et Canal+, qui veulent lancer leur télé en 3D.» Et pour exister sur le marché, il faut s'y positionner de façon rapide. Mi-décembre, déjà 2.000 lunettes avaient été produites. 200.000 lunettes devraient sortir en 2010. L'objectif est d'en faire des millions. Depuis que la société est sortie du giron de l'école d'ingénieurs brestoise, elle a généré un chiffre d'affaires de 300 K€ en deux mois. «Pour 2010, on prévoit un CA entre 5 et 6M€», annonce Jean-Louis de Bougrenet. Née à Brest, E3S a maintenant son siège à Paris. Tous les composants sont faits en Chine. «Ce n'est tout simplement pas possible de les faire en France, la main-d'oeuvre est trop chère et en plus, les moyens de production n'existent même plus.» À Brest, reste l'assemblage par des techniciens, anciens de Jabil. Ces experts sont installés dans les anciens locaux d'Optogone. Bâtiment qui risque cependant devenir trop petit si l'activité décolle comme prévu.
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