Dunkerque Port : Des menaces liées aux perspectives de Total

Dunkerque Port : Des menaces liées aux perspectives de Total

À Dunkerque, le scénario d'une fermeture de la raffinerie Total menace l'équilibre du port, déjà fragilisé par la baisse d'activité d'ArcelorMittal. Le 28janvier, l'heure était au bilan avec Martine Bonny, la directrice. Mauvaise année 2009 pour le Grand Port Maritime de Dunkerque (GPMD). Après 7années de hausse, le trafic chute de 22,5% et tombe en 2009 à 45millions de tonnes traitées, soit seulement 4millions de tonnes de plus que le port voisin de Calais. Cette baisse est due principalement au ralentissement du sidérurgiste ArcelorMittal, le plus gros client du port.




Proche de Calais L'année 2010 s'annonce très incertaine. La possible fermeture de la raffinerie des Flandres, qui appartient à Total, menace «l'équilibre économique du port», a rappelé Martine Bonny, la directrice, lors de sa conférence de presse annuelle, le 28janvier. Et si la raffinerie venait à disparaître, Calais pourrait bien devancer Dunkerque. Le chiffre d'affaires du port de Dunkerque a chuté de 82 à 73M€ cette année. Et la raffinerie représente 18% de ce chiffre d'affaires, soit 15M€ de recettes et 10millions de tonnes pour le trafic portuaire. La transformation du site en dépôt de carburant, l'une des hypothèses envisagées, n'engendrerait qu'un trafic de 2millions de tonnes. Surtout, a martelé Martine Bonny, la fermeture de la raffinerie aurait «un impact important sur les services portuaires». Les entreprises de remorquage, de pilotage perdraient 15 à 17% de leur CA. «Nous ne pouvons pas nous permettre d'avoir une réduction de ces services, a répondu Martine Bonny au Journal des Entreprises. Cela peut avoir un effet domino sur la qualité de service du port. Nous ne voulons pas entrer dans cette spirale infernale.»

Un terminal très attendu Pour conjurer ces perspectives très noires, qui seront infirmées ou confirmées par l'annonce en février, par Total, de sa décision quant au sort de sa raffinerie des Flandres, le port a décidé de mettre les bouchées doubles dans l'investissement. Une enveloppe de 45M€ va être dépensée en 2010, dont 20M€ rien que pour le terminal méthanier, un projet qui avance contrairement au projet concurrent de Powéo auHavre. Ce terminal pourrait bien sauver le port nordiste.