Cela aurait pu être 30 %, ce sera finalement 15 %. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président des États-Unis, Donald Trump, ont conclu dimanche 27 juillet 2025 en Écosse un accord sur les droits de douane imposés sur les produits européens exportés outre-Atlantique. Par cet accord l’Union européenne s’engage également à acheter des armes et de l’énergie aux États-Unis et à investir sur leur sol.
Menace écartée
La menace de taxes américaines à 30 % a donc été écartée ce dont peuvent se féliciter les exportateurs européens de l’automobile et de la pharmacie sans oublier les producteurs de vin. Pour autant la facture risque d’être lourde pour les entreprises européennes. L’UE a exporté 532 milliards d’euros de biens aux États-Unis l’an passé soit 20 % de ses ventes totales de produits à l’étranger, la pharmacie arrivant en tête avec près de 120 milliards d’euros.
Secteurs protégés
C’est un "bon accord" qui apportera de la "stabilité" a souligné Ursula von der Leyen, la patronne de l’exécutif européen, citée par France Info. "C’est le plus grand de tous les accords", s’est de son côté félicité le président américain en précisant que les produits pharmaceutiques n’étaient pas concernés par cet accord. Les deux puissances économiques ont par ailleurs décidé de lever réciproquement leurs droits de douane "sur un certain nombre de produits stratégiques", dont les équipements aéronautiques, "certains produits chimiques, des équipements pour semi-conducteurs, certains produits agricoles et des matières premières critiques", a encore précisé Ursula von der Leyen.
Énergie et investissements
Donald Trump a pour sa part affirmé que l’Union européenne allait "accepter d’acheter aux États-Unis pour 750 milliards de dollars d’énergie (et) d’investir aux États-Unis 600 milliards de dollars de plus que ce qu’ils investissent déjà".
À noter que les droits de douane de 50 % sur l’acier et l’aluminium restent pour l’heure en vigueur, même si l’accord proposerait un système de contingent rendant possible l’import d’un certain volume d’acier à un taux préférentiel.
Quant aux vins et spiritueux, aucune décision n’a été prise dans le cadre de l’accord, a précisé la présidente de la Commission européenne.
Négocier sur les services
Cet accord commercial qui n’inclut aucune mesure de rétorsion de la part de l’Europe, est accueilli diversement en France où le président de la République Emmanuel Macron était partisan d’une ligne dure vis-à-vis de Donald Trump. Dans le camp gouvernemental si on déplore un accord déséquilibré, des ministres saluent l’apport de stabilité dans les relations commerciales entre les deux pays, tout en notant la nécessité de négocier encore sur certains points, notamment en ce qui concerne les services, comme le souligne Laurent Saint-Martin, ministre délégué chargé du Commerce extérieur et des Français de l’étranger, au micro de France Inter.
Accord à valider
Dans un post publié sur le réseau social X, Benjamin Haddad, ministre chargé de l’Europe, souligne de son côté que si l’accord a " le mérite d’exempter de tarifs des secteurs clés pour l’économie française (aéronautique, spiritueux, médicaments) ", il appelle, " à court terme [à] se battre pour continuer de rechercher l’équilibre commercial avec les États-Unis ".
Le texte de l’accord qui doit s’appliquer au 1er août prochain doit encore être validé par les États membres de l’UE.