«Dodo est une entreprise qui vit énormément et qui évolue tout le temps. C'est notre force», se félicite Marc Cerf, directeur général de Dodo, dont le siège est basé à Saint-Avold. Pour conserver la longueur d'avance que la marque a acquise en quelque 70 ans d'existence par rapport à la concurrence, Marc Cerf et Didier Hannaux, qui dirigent la société depuis plusieurs années et l'ont rachetée en 2009, misent sur l'innovation. «Nous sommes toujours en recherche de nouveaux produits et de nouveaux matériaux», indique Marc Cerf. Après la fibre à base de maïs, les anti-acariens écologiques que le fabricant a été le premier en Europe à utiliser, Dodo a lancé courant 2011 des produits dont la fibre est issue de bouteilles en plastique recyclées. «Nous avons réussi à la rendre très gonflante et de qualité exceptionnelle.Selon la taille, il faut 35 bouteilles de 0,5l pour fabriquer une couette et 16 bouteilles pour un oreiller.»
Un maillon du recyclage
Et la chaîne du recyclage ne s'arrête pas là. En fin de vie, couettes et oreillers sont à leur tour recyclés et transformés en éléments d'isolation pour l'habitat et l'automobile. 1kg de couette et d'oreiller donne ainsi 1kg de produit d'isolation. Souhaitant trouver une solution éco-citoyenne permettant de renouveler ses stocks tout en préservant l'environnement, l'enseigne Mercure, appartenant au groupe Accor, s'est rapprochée de Dodo. «D'ici à 2013, tous les hôtels Mercure de France proposeront des couettes et oreillers issus du recyclage», détaille Marc Cerf qui n'exclue pas une extension de l'accord à d'autres chaînes du groupe ou à d'autres territoires. Les clients se voient d'ailleurs expliquer la chaîne de fabrication et de recyclage des produits dans un dépliant.
De la couette au linge de lit
Pour développer ces produits recyclés et recyclables, Dodo a du mettre en place ses circuits et filières. «Nous avons un fournisseur en Allemagne avec qui nous avons travaillé pour mettre au point cette fibre et son gonflant», raconte Marc Cerf, qui s'amuse que certains veuillent lui apporter directement des bouteilles en plastique. Pour aller plus loin dans cette approche, le leader européen des couettes et oreillers s'apprête à lancer, dès la prochaine rentrée, une couette 100% écologique, constituée de fibre et de tissu recyclés. Dans le même temps, le fabricant de couettes et oreillers a signé un partenariat de commercialisation avec le groupe Descamps, propriétaire des marques de linge de maison haut de gamme Descamps 1802, Jalla 1881 et récent acquéreur du groupe belge Santens. «On nous demande souvent pourquoi nous ne proposons pas de linge de lit. La marque a une telle notoriété», raconte Marc Cerf, expliquant que les couettes et oreillers Dodo sont déjà commercialisés par Descamps. Descamps concevra, fabriquera et distribuera les produits linge de lit et éponge sous licence Dodo dans les points de vente grands magasins, grande distribution et en vente à distance. Les premières mises en rayon sont annoncées pour le deuxième semestre 2012 et pour la campagne du blanc 2012/2013.
Extension en vue
L'activité de Dodo se répartit à 60% entre les produits de la marque et à 40% pour les autres marques et les MDD. 13% du CA est réalisé à l'export. «Le site de Saint-Avold s'étend sur 40.000m² d'unité de production, d'où peuvent sortir quotidiennement 20.000 couettes et 25.000 oreillers. Nous avons un projet d'extension de 15.000m² dédiée à la production et au stockage. Il s'accompagnera de 25 à 30 créations d'emplois.»
Dodo
(Saint-Avold) Effectif: 600 personnes CA: 85M€
Export: 13% du CA Capacité de production: 20.000 couettes et 25.000 oreillers par jour