« Tout est parti d'un constat. La livraison de meubles de cuisine dits à plat ou en kit ne correspondait plus à la demande des cuisinistes indépendants. Ces derniers commandaient de plus en plus des meubles de cuisine montés et ce, par souci de gain de temps et de questions d'image vis-à-vis de leurs clients. Dès 2009, les cuisines montées représentaient ainsi deux tiers des ventes. C'était une vraie attente. Le virage stratégique pour notre société était indispensable », explique Joris Gauchet, responsable marketing de Discac (Distribution de composants et d'aménagements pour la cuisine).
Des produits en kit aux meubles montés
Créée en 1989, cette entreprise familiale se dédiait jusqu'alors uniquement à de la logistique de produits en kit (panneaux, façades et caissons de meubles de cuisine et salle de bains) pour fournir une centaine de clients réguliers, à 70 % des cuisinistes et 30 % des sanitaristes. Dès le départ, sa stratégie, pour se démarquer, était de s'appuyer sur des délais de livraison courts et des prix offensifs via des commandes volumineuses et d'importantes capacités de stockage. Cependant avec la crise économique de 2009 touchant les fabricants de cuisine, l'arrivée sur ce marché d'industriels étrangers et le développement des grands réseaux de distribution d'équipement de la maison, notamment de cuisines en kit, (Ikea, Conforama, But..), Discac revoit son positionnement pour se lancer dans des meubles montés et élargir sa gamme.
De l'assemblage à la menuiserie
Dès 2010, à Lormont, quinze salariés sont recrutés et 300.000 ? sont investis pour créer une ligne de montage. Cette première étape franchie, Discac, devenu assembleur, poursuit son industrialisation. La société ouvre en 2012 une unité de fabrication dans de nouveaux locaux, à Saint-Loubès. Près de 300.000 € sont à nouveau déboursés pour des machines-outils et la création de cet atelier de menuiserie de laminés qui assure désormais la découpe des façades et plans de travail des meubles. « Commercialement, cela nous a permis plus de souplesse et de facilité pour répondre rapidement à la demande de nos clients. En fabricant nous-mêmes, nous avons pu maîtriser toute la chaîne et ne plus dépendre des sous-traitants dont les délais de livraison n'étaient pas toujours garantis. Sans compter qu'en supprimant cet intermédiaire, nous avons pu augmenter nos marges et garder ainsi des prix compétitifs. Enfin, d'un point de vue organisationnel, nous avons gagné en place de stockage et pu élargir notre gamme de 40 à 150 modèles », énumère Joris Gauchet.
Une croissance à deux chiffres
Aujourd'hui, trois ans après, Discac enregistre une croissance à deux chiffres, atteignant un chiffre d'affaires de 16M? en 2012 (11M? en 2009) dont 80 % sont générés par les meubles montés. La PME emploie 95 salariés (contre 72 en 2010). D'ici deux ans, l'étape industrialisation devrait être finalisée. « On prévoit cette année un investissement de 150.000? à Saint-Loubès pour augmenter notre capacité de production et améliorer la finition des produits. Nous envisageons également un déménagement pour regrouper notre activité sur un seul site afin d'optimiser notre flux industriel ». Enfin, dernier axe de la stratégie : asseoir la marque auprès du public, via des actions de communication et une présence sur des salons, et jouer la carte du "made in France", reconnue comme la 3e motivation d'achat.
Discac
(Lormont) Gérant : Cédric Gauchet CA 2012 : 16,2 millions d'euros 95 salariés 05 57 77 22 00 www.discac.fr