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DHJ International : L'enduction déclinée sur tous les fronts
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DHJ International : L'enduction déclinée sur tous les fronts

Anticiper plutôt que subir. L'enducteur de textiles de Sélestat a érigé la diversification en stratégie d'entreprise pour se défendre face à la concurrence asiatique.

«Tous les trois ans, je m'efforce d'apporter une nouvelle activité, de nouveaux débouchés à notre site de Sélestat». Président de DHJ International, Bernard Finckenbein est un homme pragmatique. Dans le secteur de l'enduction technique de textile, la remise en cause permanente est un gage de survie face à une concurrence venue d'Asie. Aux commandes depuis 1995 d'un site qui s'était fait une spécialité de la production de cols de chemise, il s'apprête aujourd'hui à prospecter l'univers du décor de théâtre. Le grand écart. Mais c'est bel et bien le marché de la "triplure", la fabrication de cols de chemises, qui a permis à l'entreprise de développer un savoir-faire technique et de se faire un nom. En quelques mots, une sorte d'encollage du coton qui permet au col de votre chemises d'offrir un savant mélange de rigidité et de souplesse. Tous les ans, il en sort environ 45millions d'unités de l'usine de Sélestat. «Ils partent en Europe de l'Est ou sur le bassin méditerranéen jusqu'en Turquie, pour être "assemblés" avec les chemises de nos clients, des grandes marques connues», explique Bernard Finckenbein.




Une équipe de R&D de près de 10 personnes

S'il parvient à résister à la concurrence asiatique grâce à une qualité et une réactivité qui lui ouvrent les marchés moyen et haut de gamme, le dirigeant n'en reste pas moins attentif aux opportunités de diversification de son activité. «En 2009, nous avons beaucoup souffert de la crise. La production européenne de triplure a baissé de 50% et nous n'y avons pas échappé». Malgré un rattrapage progressif (+21% en 2010), le souvenir de cette période est encore frais dans l'esprit du décideur. Et ce sont justement les activités de diversification qui lui ont permis de tenir le coup. Notamment l'enduction de tissus pour l'univers de l'impression numérique, qui connaît un essor qui ne se dément pas. «Ce marché n'a pas cessé de croître», affirme le dirigeant. Avec la préparation de supports pour la plus traditionnelle impression à jet d'encre, ces activités de diversification ont permis de ramener le métier historique à "seulement" 40% du business de l'entreprise. «Nous consacrons tous les ans de l'ordre de 5% de notre chiffre d'affaires à la R & D, qui occupe une petite dizaine de personnes dans l'entreprise», poursuit-il. Charge à elles d'imaginer les champs d'application pour les textiles et supports qui sortent des chaînes d'enduction et de répondre aux demandes spécifiques de ses clients ou distributeurs.




Accompagner les évolutions techniques

«Nous devons être en mesure de proposer des produits capables de supporter les évolutions techniques des machines d'impression ou de l'encre elle-même, là aussi cela implique une remise en cause perpétuelle», avance Bernard Finckenbein. Il a rejoint l'an dernier le jeune Pôle aménagement de la maison avec un objectif: parvenir à répondre à des demandes émanant d'un secteur en quête de nouveaux produits mariant des qualités esthétiques, phoniques, thermiques... «Quand je vois que sur la façade nord d'une maison BBC on pose du triple vitrage, et du double vitrage sur la façade sud, je me dis que je dois être capable de proposer une doublure de rideau plus isolante pour le nord que pour le sud, mais esthétiquement identique». De quoi stimuler les équipes de recherche. Et le théâtre dans tout cela? C'est le prochain chantier que souhaite développer DHJ International. Et l'entreprise ne compte pas faire de la figuration. «Nous sommes capables de développer des tissus spécifiques pour la scène, capables de laisser passer la lumière ou non, dans lesquels nous pouvons incruster des paillettes, des billes de verre...» Le champ des possibles semble quasi illimité à écouter Bernard Finckenbein, avec un avantage de poids: la légèreté de ces décors, plus faciles à manipuler, à interchanger ou encore à stocker... Les premières commandes sont déjà tombées et il espère bien voir ce marché monter en puissance cette année, pour que cette nouvelle activité soit à l'équilibre l'an prochain. En attendant de nouvelles idées pour les années à venir.

DHJ International
(Sélestat) Président : Bernard Finckenbein 87 salariés Chiffre d'affaires 2010 : 20,5 millions d'euros 03 88 85 07 77

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