DFCG : Pour des directions financières au service du business de l'entreprise
# Conjoncture

DFCG : Pour des directions financières au service du business de l'entreprise

À Lille, début juillet, la 4euniversité d'été des directeurs administratifs et financiers et des contrôleurs de gestion a permis de mettre en évidence les mutations du métier.

La crise met à rude épreuve la fonction financière en entreprise. La mutation des métiers et compétences est au coeur des préoccupations de l'association nationale des Directeurs administratifs et financiers et des contrôleurs de gestion (DFCG), qui a tenu à Lille le 3juillet sa 4e université d'été. Partenaire de l'événement, le géant du recrutement Hays (16bureaux en France dont 15salariés à Lille) est «sensible» à ces réflexions. Ludovic Bessière, directeur France et Luxembourg de sa division finance et comptabilité surveille de près ces transformations: «Dans le rôle d'un directeur financier, manager devient une nécessité. Il faut savoir fidéliser, comprendre ses collaborateurs, gérer les compétences, faire accepter le changement...»




«Business partner»

Le Daf n'est plus seulement celui qui compte. Il doit être aussi stratège. Des critères de performance entrent en jeu. Ludovic Bessière parle de «business partner». Le directeur financier devient davantage opérationnel et participe au business. «Les directeurs financiers doivent donner du sens aux transactions», note Ludovic Bessière, intervenu le 3juillet sur «l'évolution des compétences, un nouveau défi pour une fonction finance à forte valeur ajoutée». Du coup, les recrutements et modes de rémunération changent aussi. «On peut les fidéliser avec des systèmes de rémunération évolutifs.» Associé du cabinet PwC (200salariés sur la région Nord), Ludovic de Beauvoir aussi insiste sur ce rôle clé de partenaire: «Tous nos clients se transforment. Dans un contexte économique difficile, ils se posent beaucoup la question de leur business model et de plus en plus les fonctions finances sont sollicitées sur un rôle de conseil en amont, sur des programmes d'investissements, d'acquisitions... Les entreprises sont en général bien armées sur les coûts d'exploitation; moins bien sur le contrôle des investissements. C'est là qu'il y a une vraie valeur ajoutée.»




Décloisonner les métiers

Pour Ludovic de Beauvoir, il faut décloisonner les métiers, pour que les financiers prennent des postes opérationnels, par exemple. «Dans le monde industriel, ce sont les ingénieurs qui ont le pouvoir. Or, il faut rééquilibrer la donne et arriver à parler le même langage. Cela pose la question de l'agilité. Souvent, le Daf en a conscience mais sa fonction est très rythmée par les clôtures. Il n'a jamais le temps de lever la tête!» Au sein de l'industriel textile Dickson-Constant, à Wasquehal, Ghislain Barrois témoigne de ces évolutions. Directeur financier, sa préoccupation, c'est le risque international avec 72% réalisés à l'export et trois usines (Europe, États-Unis et Chine), pour «un pied dans chaque monnaie». Ses missions dépassent largement la simple finance. Il faut aussi maîtriser le risque pays notamment politique, «la partie la plus difficile.» Pour cela, il s'appuie sur l'assurance-crédit dont il croise les informations avec celles du terrain. «Nous avons durci nos conditions de blocage et sommes beaucoup plus curieux sur l'information pour prendre nos décisions. Vu la multitude de nos pays, nous ne pouvons pas connaître toutes les législations», confie-t-il.





Géry Bertrande

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