Développer les compétences
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Développer les compétences





Pour Christian Defelix, professeur de gestion des ressources humaines à l'IAE de Grenoble, les entreprises de services doivent se penser en «entreprises de compétences».


Les entreprises du conseil et des services ont en commun d'avoir une masse salariale importante. Comment peuvent-elles l'optimiser pour faire des économies sans forcément licencier?

Le principal capital d'une entreprise de services, ce sont les gens, en effet. Souvent qualifiées d'entreprises de main-d'oeuvre, les entreprises de services doivent néanmoins plutôt se considérer comme des entreprises de compétences: elles porteront alors un autre regard. Si l'on considère les ressources humaines simplement comme une main-d'oeuvre, on va chercher à la réduire, chasser ses coûts, au lieu d'essayer d'améliorer les compétences. Parfois, une contrainte devient une opportunité. Et c'est aussi valable pour les entreprises industrielles. Par exemple, dans la Loire, la société Cardial a eu une démarche originale. Alors que ses propriétaires refusaient d'investir dans de nouvelles machines, la direction du site ligérien a demandé à ses ingénieurs locaux de les fabriquer eux-mêmes. Résultat: cette mission leur a fait réaliser des économies tout en motivant l'équipe autour d'un projet commun.


On dit aussi souvent qu'il faut investir dans la formation en temps de crise, mais cela coûte cher!

Certes, il existe la formation classique, payante. Mais les entreprises peuvent aussi profiter de la crise pour développer des compétences, tout simplement en prenant du temps après chaque projet. Bien souvent, dans les SSII, les ingénieurs informatiques courent de projet en projet. Or, effectuer un véritable retour d'expérience est un moyen d'améliorer les compétences des collaborateurs. On peut aussi amener les salariés à travailler différemment, les placer sur de nouveaux projets, dans un autre service.


Mais cela prend du temps. Or, bien des entreprises préfèrent licencier pour embaucher LA personne au profil adéquat.


C'est vrai, mais c'est un calcul de court terme. L'entreprise a tort de vouloir toujours chasser la personne providentielle à l'extérieur. Elle cherche un sauveur! À supposer qu'elle le trouve, cette personne ne sera pas productive tout de suite. Il lui faudra un certain temps pour s'intégrer. Mieux vaut investir dans le salarié qui est déjà dans l'entreprise. Son rendement sera meilleur sur le long terme. L'entreprise peut aussi innover en s'ouvrant sur l'extérieur, avec ses clients, ses fournisseurs... Elle a sans doute des partenariats à faire fructifier.

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