Deux PME industrielles, Arkteos à Guérande et Dualsun à Marseille, s’unissent autour d’une offre commune
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Deux PME industrielles, Arkteos à Guérande et Dualsun à Marseille, s’unissent autour d’une offre commune

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Basées respectivement en Loire-Atlantique et dans les Bouches-du-Rhône, les deux PME ont mis en commun leur savoir-faire pour aboutir à une offre commune pour l’habitat. Arkteos et Dualsun proposent ainsi un nouveau système de "solarothermie", incluant une pompe à chaleur alimentée par des panneaux solaires. L'ensemble permet de gérer l’électricité, l’eau chaude et le chauffage au sein d’un domicile.

Jérôme Mouterde, directeur général de Dualsun, Richard Bachelier, DG d’Arkteos, et Bertrand Noble, directeur marketing d’Arkteos, lancent une nouvelle offre commune — Photo : Benjamin Robert

La rencontre entre les deux entreprises remonte à 2019, lors d’un salon. Six ans plus tard, la PME de Loire-Atlantique Arkteos (60 collaborateurs, 15 M€ de CA), spécialisée dans l’assemblage de pompes à chaleur, recevait le marseillais Dualsun (60 collaborateurs, 40 M€ de CA), qui officie pour sa part dans les panneaux solaires, afin de présenter une offre commune de "solarothermie".

Ce procédé permet de capter à la fois l’énergie photovoltaïque mais aussi la chaleur émise par le soleil dans l’air, ce qui alimente ensuite une pompe à chaleur (PAC) offrant une nouvelle source d’électricité, d’eau chaude, et de chauffage au sein d’un logement.

"L’échangeur thermique fonctionne même à basse température, l’hiver par exemple. Cet échangeur et le panneau solaire permettent de produire environ trois fois plus d’énergie qu’un panneau classique", pointe Jérôme Mouterde, dirigeant de Dualsun.

Le site d’Arkteos compte 2 200 m² de surface de production, et 4 000 m² consacrés à la logistique — Photo : Benjamin Robert

Deux secteurs en souffrance

Dualsun représente aujourd’hui 20 % du marché du solaire résidentiel en France, avec 100 000 installations depuis sa création en 2010. Mais le secteur n’est pour autant pas au beau fixe. "Nous anticipons un chiffre d’affaires en baisse en 2025. Le marché du solaire est à l’arrêt depuis que le gouvernement a annoncé une baisse de TVA en février dernier. Mais celui-ci n'entre en vigueur qu'au 1er octobre. C’était initialement une bonne nouvelle, mais annoncée beaucoup trop tôt, ce qui stoppe la prise de décision des clients finaux pendant de longs mois", rage Jérôme Mouterde.

Sur une dynamique tout aussi morose, le marché des PAC a marqué un recul de 41 % en 2024. "La solarothermie va nous permettre de faire face à la baisse du marché, et de se différencier de la concurrence", pointe Richard Bachelier, dirigeant d’Arkteos. "Cette nouvelle offre permet de nous diversifier vers de nouveaux marchés", pousse également Jérôme Mouterde. Cette alliance permettra également à chaque entreprise de bénéficier des forces commerciales de l’autre, et d’accroître leur vivier d’installateurs.

Arkteos produit 2 500 à 3 000 machines par an — Photo : Benjamin Robert

1 000 installations d’ici 2027

Si le coût d’un tel dispositif dépend de la taille de la maison, le prix moyen d’installation est estimé à 33 500 euros, avec un reste à charge de 22 000 euros suite à la déduction de possibles subventions. "Nous avons déjà signé une cinquantaine de ventes. Nous visons une centaine d’installations d’ici cet hiver, et environ 1 000 machines installées en 2027", espère Richard Bachelier. Pour le client, le dispositif promet une autonomie énergétique de l’ordre de 80 %, et un saut de trois paliers dans le diagnostic du DPE de l’habitat. "Cela assure également une augmentation du prix à la revente de la maison", poursuit Richard Bachelier.

Des travaux de R & D dans les tuyaux

De son côté, Dualsun poursuit les travaux de R & D, que ce soit sur l’efficacité des échangeurs thermiques, ou autour des enjeux de rafraîchissement lors des canicules estivales. "Le concept pourrait être inversé, avec une PAC qui capte la chaleur du domicile, et des panneaux qui la relâchent à l’extérieur", ajoute le dirigeant. Néanmoins, l’entreprise ne s’avance pas encore sur une date de commercialisation d’un tel dispositif.

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