Jean Merienne, co-fondateur et ancien dg de Ceric (devenu Keyria), vendu à Legris Industries en 2006, nous a écrit une longue diatribe. Nous en publions ici quelques extraits. «Les dirigeants et collaborateurs de Ceric avaient développé des technologies avec les institutions françaises et étrangères spécialisées, et surtout avec leurs clients partenaires. Ceric est alors devenu la référence mondiale incontestable dans cette profession. Ce développement s'est fait à partir de la France, évidemment, mais aussi à partir de l'acquisition de la majorité de ses principaux concurrents. Ceci a exigé une structure managériale variée et plus complexe, mais très efficace. Ce modèle s'inscrivait parfaitement dans la mondialisation et le nouvel ordre des coopérations dans chaque pays suivant sa structure économique ou politique, offrant ainsi à ses clients le choix de l'interlocuteur concepteur et réalisateur de leur projet. Cinq entités (allemande, française, italienne, espagnole et américaine) étaient organisées et capables de conduire un projet couvrant les demandes, de quelque endroit qu'elles proviennent avec la réponse la mieux adaptée, et la mieux documentée. (...)
«Manque d'attachement au métier d'entrepreneur»
Legris Industries a confié la présidence et la direction du groupe à une équipe de gens (...) issus de Savoye, totalement éloignés des fondamentaux du métier, et absolument étrangers au management d'une ingénierie mondiale, qui doit s'adapter à la variété des conditions locales propres à chaque pays. Cette caractéristique nécessitait la compétence d'un gestionnaire très attentif à la réponse de chaque projet en phase étroite avec ses acteurs, responsables. (...) L'invocation de la crise et la décision de ne pas faire face à la situation en laissant l'État, les salariés et les banques payer la facture, confirme le manque d'attachement du groupe Legris pour le métier d'entrepreneur puisqu'il se défile à la première difficulté.» (...)