Depuis la fin 2024, les douze membres de l’équipe toulousaine d’Aldoria (2 millions d’euros de chiffre d’affaires 2024, 48 collaborateurs) ont investi leur nouveau siège. Ils étaient jusqu’alors disséminés dans divers lieux de coworking. Pour Aldoria, concepteur et assembleur de systèmes de surveillance de l’espace, cet emménagement dans des bureaux situés entre le Centre national d’études spatiales (Cnes) et Airbus symbolise la réussite de sa structuration. Ce plateau de 300 m2 va accompagner la croissance de l’entreprise créée en 2017 : après avoir doublé ses effectifs en 2024, la start-up envisage de recruter une quinzaine de personnes supplémentaires cette année. Son atelier d’assemblage de systèmes optiques se trouve à Paris, avec le plus gros des effectifs : 34 personnes.
Le principal opérateur pour de l’Union Européenne
La levée de fonds de 10 millions d’euros réalisée en 2024 a été bénéfique. "Elle nous a permis de doubler le nombre de collaborateurs, de monter deux stations d’observation et de financer notre croissance. Nous en avions besoin car nos cycles de vente (auprès des opérateurs de satellites ou des gouvernements, NDLR) sont très longs", explique le PDG Romain Lucken. "Avec ces moyens, nous avons pu être crédibles. C’est ainsi qu’on a décroché en novembre 2024 un contrat avec la Commission Européenne et le Cnes pour devenir le principal fournisseur commercial de l’Union Européenne pour la surveillance de l’espace".
Vers un doublement du chiffre d’affaires
Ayant sécurisé une bonne partie de son carnet de commandes pour 2025, Aldoria prévoit de doubler son chiffre d’affaires cette année. Les récents contrats vont y participer. La start-up a notamment signé son premier contrat avec un client aux États-Unis, "et on en attend d’autres", glisse le dirigeant. Cette opération est à mettre au crédit de sa filiale commerciale installée à Austin (Texas), où officient trois collaborateurs.
Des projets de nouvelles filiales à l’étranger
En observant et calculant les trajectoires des objets en orbite basse (et donc les risques de collision), Aldoria fournit aux opérateurs de satellites et aux gouvernements un service jusqu’alors peu développé. D’abord élaborées en vue du marché civil, ses compétences intéressent de plus en plus les institutions militaires, en particulier depuis la collision en 2009 d’un satellite russe et d’un satellite américain. "Nous avons plusieurs gros prospects internationaux, dont des gouvernements", assure Romain Lucken. Afin d’accélérer la relation avec ses clients, Aldoria envisage de créer de nouvelles filiales à l’étranger.
Une septième station de surveillance ouvre aux Canaries
Par ailleurs, pour continuer d’accompagner cette croissance, la start-up s’apprête à démarrer une nouvelle levée de fonds (dont l’objectif n’est pas encore communiqué). D’ici là, Aldoria va installer, dès février 2025, sa septième station optique aux Canaries (Espagne). C’est grâce à ce réseau de stations, déployé sur quatre continents, qu’elle peut observer 70 % des orbites : on dénombre aujourd’hui plus de 10 000 satellites actifs autour de la Terre et plus d’un million de débris.