Delta : Alain Raguideau vend à un Béarnais
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Delta : Alain Raguideau vend à un Béarnais

Alain Raguideau vient de céder le groupe Delta, un spécialiste nantais de l'immobilier d'entreprise qu'il a créé en 1984. Une PME de Pau prend la main.

« Je quitte Delta. Cela fait trois ans que je m'y prépare. La page se tourne ». À 62 ans, Alain Raguideau vient de céder la PME nantaise qu'il a créée il y a trente-deux ans. L'acquéreur est un entrepreneur de Pau, David Pouyanne, qui a fondé en 2006 DPG. Alain Raguideau va toutefois garder un oeil sur le nouvel ensemble, rebaptisé DPG ? Delta. Le Nantais intègre en effet le comité stratégique et prend 5 % du capital de la holding contrôlée par David Pouyanne. Alain Raguideau ne décroche d'ailleurs pas totalement de l'entrepreneuriat. Il garde la tête de sa structure de promotion immobilière (Galéo, 5 salariés). C'est celle-ci qui porte le programme tertiaire à énergie positive Delta Green (4 600 m² à Saint-Herblain) dont la livraison est attendue en janvier 2017.

Un Béarnais à la barre

Alain Raguideau a choisi un homme du métier pour lui succéder. Issu d'une famille d'entrepreneurs béarnais, David Pouyanne, 50 ans, a dirigé pendant une dizaine d'années la banque familiale qui porte son nom avant de se tourner vers l'immobilier d'entreprise. Présent à Pau où est situé son siège social, Biarritz, Bordeaux et Toulouse, DPG intervient en qualité de maître d'oeuvre, de développeur de programmes immobiliers et d'investisseur. La structure emploie 35 salariés, réalise 12 millions d'euros de chiffre d'affaires et dégage 7 millions d'euros de marge brute. Elle est à l'origine d'environ 30 millions d'euros de travaux par an.

Deux fois plus de salariés chez Delta

Delta en fait environ le triple, le Nantais présentant un volume de travaux de 100 millions d'euros en 2015. Le Nantais emploie deux fois plus de salariés (65 à Saint-Herblain et à Cholet), mais dégage la même marge brute (7 millions d'euros). Il faut dire qu'il ne fait pas tout à fait les mêmes métiers que DPG. Si Delta est présent sur le marché de la maîtrise d'oeuvre, il intervient aussi en qualité de contractant général et propose une offre d'ingénierie des process de production des usines agroalimentaires.

Forte ambition de développement

Financé par emprunt bancaire et sans ouverture de capital, le rachat ne donnera lieu à aucun licenciement. « Nous ne sommes pas dans une logique de réduction des coûts », indique David Pouyanne. Le dirigeant prône une approche « inter régionale à vocation nationale ». Il vient d'ailleurs d'installer la direction générale de l'entreprise à Paris. Couvrant aujourd'hui la moitié Ouest de la France, le Béarnais entend désormais s'attaquer à la partie Est du pays. « Il faut qu'on couvre davantage le territoire national », affirme-t-il. Cela pourra faire l'objet d'autres acquisitions. Avec ses cent salariés, le dirigeant vise cette année 130 millions d'euros de montants de travaux et 45 millions d'euros de chiffre d'affaires. Dans cinq ans, il compte tripler son activité.

Les projets en cours

Pour l'heure, le DPG Delta planche sur plusieurs chantiers d'envergure. Comme l'extension de plus de 10 000 m² de l'usine de cosmétiques Sarbec, le transfert du fabricant Inter Cosmétiques dans les 20 000 m² de l'ancienne usine Valéo d'Angers, la réhabilitation d'une ancienne usine en centre de loisirs de 15 000 m² à Cholet, la création d'un bâtiment de 6 000 m² pour le distributeur de produits frais et surgelés Atlagel sur le futur pôle agroalimentaire nantais, la création d'un abattoir de 6 000 m² en Tunisie ou la réhabilitation de près de 9 000 m² d'une galerie commerciale Auchan à Bordeaux.

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