Quinze ans après sa reprise par Jean-François Toubeaux, Delecroix Harvesting appuie sur l’accélérateur. La PME nordiste, installée à Bailleul, vient de boucler sa toute première levée de fonds auprès des acteurs régionaux Finorpa et Hauts-de-France Avenir TPE/PME, ainsi que de business angels. Si le montant de l’opération reste confidentiel, les objectifs sont clairs : accélérer à l’international et se diversifier.
Une année 2025 historique
Delecroix Harvesting est installé depuis 2019 sur un site de production de 2 000 m² à Bailleul, fruit d’un investissement de 2,25 millions d’euros. La PME de 17 salariés y produit des remorques légumières et des tapis de récolte, à la commande et sur-mesure, à destination des maraîchers. "Nous bouclons notre première levée de fonds et nous réalisons simultanément notre meilleur exercice", se réjouit le dirigeant, qui reste actionnaire majoritaire à l’issue de cette opération.
Delecroix achève 2025 avec un chiffre d’affaires de 2,7 millions d’euros, en hausse de 15 % par rapport à 2024, tout en étant rentable. L’objectif est désormais d’atteindre les 4 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici cinq ans.
Vers 60 % de l’activité à l’export
Parmi les leviers de croissance : l’export. En 2025, Delecroix a réalisé 40 % de son chiffre d’affaires à l’international (contre moins de 10 % il y a quinze ans), un rythme qui s’annonce plus soutenu pour l’année 2026. "Nous avons de la visibilité avec une charge de travail déjà acquise sur le premier semestre", commente Jean-François Toubeaux. La PME commercialise ses machines agricoles par l’intermédiaire d’un réseau de distributeurs. "Nous vendons principalement en Europe, à savoir en France, en Italie, en Allemagne, en Espagne, dans les pays nordiques et les pays de l’Est…", détaille le dirigeant, qui prospecte à l’échelle mondiale, épaulé par la plateforme Team France Export (qui unit les forces de Business France, Bpifrance, CCI France et des Régions de France).
Ponctuellement, la PME vend aussi au Canada, en Corée du Sud, en Nouvelle-Zélande, à Taïwan, etc. Et elle continue d’étendre son terrain de jeu. "Je viens de réaliser une mission avec Business France en Turquie et j’y ai rencontré un distributeur intéressé : les choses semblent bien parties". Une prochaine mission est d’ores et déjà programmée au Vietnam. En 2030, l’export devrait représenter 60 % de l’activité de Delecroix.
De nouveaux marchés en France
En France, "nous sommes déjà leaders sur notre marché, qui constitue une niche, affirme Jean-François Toubeaux. Les machines agricoles sur-mesure n’intéressent pas les grands constructeurs, nous avons peu de concurrents dans le monde." Bien installé en France, le dirigeant compte tout de même y poursuivre sa croissance, en investissant de nouveaux marchés. L’ostréiculture, notamment, avec un prototype développé pour la récolte des poches d’huîtres.
Mais aussi la viticulture : "Nous avons signé un contrat avec Moët Hennessy, la holding "Vins & Spiritueux" du Groupe LVMH. Il porte sur une machine permettant de mécaniser la gestion des caisses de raisins, après leur remplissage à la main." Un prototype a été vendu et va être livré sous peu, en vue de réaliser un test. "Ce sont des contrats de ce genre qui tirent les PME vers le haut. Cela va ouvrir des portes à Delecroix, en France comme à l’international", anticipe le dirigeant.