Pour Pascal Gayat, président de la société aixoise Quamediagroup (Effectif: 55 - CA: 8,7M€), spécialiste des solutions marketing sur le web, «une entreprise, dès son démarrage, doit déjà avoir en son sein les conditions de sa structuration future». Selon l'entrepreneur, à la tête d'une société qui a multiplié son chiffre d'affaires par quatre en trois ans, la recette est simple: «Du risque, du risque et de l'endettement en face du risque». Un point de vue largement partagé par Jean-Daniel Beurnier, P-dg d'Avenir Telecom, groupe marseillais de distribution de produits et services de télécommunication (Effectif: 3.300 - CA: 700M€), qui voit dans l'internationalisation un relais de croissance indispensable pour les PME. «Une entreprise ne créera de la valeur que si elle se développe. Il est primordial de savoir s'endetter pour financer son développement, à l'international, mais aussi en terme d'organisation interne. Il ne faut en effet pas hésiter à embaucher des collaborateurs meilleurs que soi...»
S'apercevoir de ses propres faiblesses
Ces recettes, Stéphan Brousse, président de l'UPE 13, les valide largement, même s'il estime qu'il est parfois difficile de faire évoluer les mentalités: «Le principal frein au développement de grosses entreprises dans notre territoire, admettons-le, c'est le dirigeant lui-même. Il faut s'endetter, faire de la croissance externe, embaucher de bons cadres, structurer sa société. Et pour cela, s'apercevoir de ses propres faiblesses». Autre solution préconisée par les «gazelles» : ouvrir son capital. Mais là encore, pour Éric Schettini, président de Viveris Management, ?partenaire? d'investissement, «cela renvoie à la capacité du dirigeant à accepter de faire entrer des tiers pour financer sa croissance, sans pour autant perdre son identité». Une option que Stéphan Brousse ressent comme souvent «très douloureuse pour les dirigeants patrimoniaux, qui ont l'impression de perdre un peu de leur liberté». Néanmoins, pour le président de l'UPE 13, l'après-crise devra impérativement être accompagnée d'un changement global des comportements, en terme de sécurisation des crédits interentreprises, mais aussi en matière de ressources humaines.
La table ronde organisée le 14janvier dernier à Marseille par le cabinet d'audit et d'expertise comptable KPMG et nos confrères de La Tribune a permis à plusieurs «gazelles» locales, PME en croissance, de livrer leurs recettes anti-crise.