Il y a ceux qui disparaissent, ceux qui sont arrachés, détruits ou même découpés à la tronçonneuse… les permis de construire sont fréquemment l’objet de vandalisme. Les solutions brevetées d’Attestis protègent 1 500 panneaux chaque année et ainsi "sécurisent l’acte de bâtir" en signalant notamment toute anomalie en temps réel.
Tripler le chiffre d’affaires à 3 ans
L’ancienne start-up est devenue une PME d’une vingtaine de collaborateurs,"rentable depuis trois ans", dont le chiffre d’affaires dépasse les 3 millions d’euros. "Nous voulons le multiplier par trois d’ici trois ans", précise Guilhem Ensuque, son dirigeant et cofondateur avec Olivier Tosello.
Plusieurs leviers s’offrent à elles dont celui de la croissance externe (d’où sa participation au programme Boost Côte d’Azur, dédié à la croissance externe) afin notamment d’acquérir des produits complémentaires. "Ce pourrait être, par exemple, un logiciel de recherche de terrains, de valorisation de foncier, un logiciel de montage d’opérations ou de consultation des entreprises, soit une solution de suivi de chantier, de gestion d’appel d’offres, d’aide à la livraison ou à la commercialisation de l’eau… Il y a sûrement des sociétés avec lesquelles on pourrait unir nos forces."
Autre levier d’accélération : l’international, "vers lequel nous nous orienterons dans la deuxième partie de l’année", assure le dirigeant. Attestis a identifié 29 pays où l’affiche est obligatoire pour tout chantier. Alors que sa demande de brevet européen est en cours d’examen, elle lui a été accordée en Australie et devrait bientôt l’être également au Canada.
6 à 8 heures de travail gagnés
Attestis œuvre ainsi depuis sa création, il y a 9 ans, à digitaliser l’affichage légal "à enjeux", à commencer par les permis de construire. "En se connectant à notre plateforme, nos clients nous disent où ils souhaitent voir leur panneau installer, ils chargent leur arrêté municipal et nous les faisons installer, en deux jours, partout en France. Nous les faisons constater par huissier et digitalisons tout le process qui, habituellement, nécessite un chef de projet, un poseur, un imprimeur… On leur fait gagner 6 à 8 heures de travail."
La PME compte parmi ses clients de grands acteurs de la construction comme Bouygues, Eiffage ou Nexity. Le groupe Bertrand Franchise fait aussi appel à lui dès qu’il s’agit de lancer le chantier d’un de ses nouveaux restaurants Burger King, Hippopotamus ou Pitaya. Les acteurs de la logistique sont aussi présents dans son portefeuille clients, tout comme ceux des énergies renouvelables (parcs d’éoliennes, centrales photovoltaïques au sol). L’un de ses voisins sophipolitains, TSE, est d’ailleurs l’un de ses clients.
Une solution de géolocalisation brevetée
Et pour éviter tout désagrément une fois le panneau implanté, Guilhem Ensuque a créé une solution de géolocalisation, brevetée : une petite balise intégrée (récupérée ensuite et réutilisée par Attestis), conçue en partenariat avec le CNRS Sophia Antipolis, qui émet en temps réel des données, "sécurisées dans la blockchain", prouvant la continuité de l’affichage". Car c’est sur ce point précis de continuité que naissent souvent des contentieux : le délai de recours étant de deux mois "à compter d’une période continue d’affichage sur le terrain".
Cette même innovation bénéficie aussi à l’affichage d’enquêtes publiques.
Un QR code ajouté
L’entreprise de Sophia Antipolis va aujourd’hui plus loin en ajoutant un QR code, placé sur les permis de construire, permettant cette fois d’accéder à la liste des sous-traitants du chantier concerné. Une obligation du code de l’urbanisme.
"Traditionnellement c’est un enjeu assez embêtant pour nos clients, explique Guilhem Ensuque. Sur un chantier, il va y avoir au moins une dizaine d’entreprises intervenantes et cela peut changer en cours de route. Jusqu’alors, donneurs d’ordre et maîtres d’œuvre affichaient de grands panneaux en laissant des espaces vides pour ajouter à la main le nom d’un nouveau sous-traitant. Tout cela peut maintenant être digitalisé, impliquant un gain de temps, une réduction des déchets du chantier, et surtout un enjeu de conformité afin d’avoir sa liste des intervenants toujours à jour en cas de contrôle de l’inspection du travail."
Le premier client séduit est une entreprise locale : Aquafrais à Cannes qui s’est engagé pour près de deux ans de travaux.