De nouvelles plates-formes à Lorient et Vitré?
# Conjoncture

De nouvelles plates-formes à Lorient et Vitré?

Au-delà de l'initiative de la CRCI Bretagne, et de son étude sur le fret ferroviaire, des industriels bretons tentent aujourd'hui en parallèle de mutualiser leurs moyens pour créer un réseau de plates-formes de fret. Dans ce contexte, Lorient et Vitré pourraient accueillir de telles infrastructures.

Des plates-formes permettant de charger et décharger des trains, il en existe déjà en Bretagne. Certaines encore actives comme La Brohinière à Montauban-de-Bretagne (lire ci-contre avec AOC). D'autres, comme celle de Saint-Martin-des-Champs près de Morlaix, dont l'activité a été stoppée. Pour autant, malgré les incertitudes autour de l'équilibre économique de ces plates-formes, tout laisse à penser que de nouveaux sites pourraient voir le jour.




10M€ d'investissement

En Bretagne, deux groupements d'acteurs privés réfléchissent en effet aujourd'hui chacun de leur côté à mutualiser leurs moyens pour développer des lignes de fret ferroviaire dans leur domaine d'activités. Leur nom? Combi Ouest et Feedsim Avenir. Le premier, qui associe la Sica de Saint-Pol-de-Léon et Le Gouessant, est plutôt positionné sur le transport de produits conditionnés. Il tente actuellement de relancer une ligne Rennes-Lyon, via la plate-forme de la plaine de Baud, à Rennes. Feedsim Avenir, lui, regroupe une quarantaine d'entreprises de la nutrition animale. Leur projet: ouvrir, en plus d'agrandir la Brohinière à Montauban-de-Bretagne, deux nouvelles plates-formes de fret ferroviaire destinées au vrac agro. L'une dans le port de Lorient, l'autre dans la région de Vitré. «Les budgets sont faits. Nous sommes aujourd'hui en phase de discussion avec les pouvoirs publics», explique Laurent Morin, délégué général de Feedsim Avenir. L'État, avec son plan ferroviaire, et la Région sont en première ligne. Car les industriels de Feedsim Avenir sont catégoriques. «Sans intervention publique, ces projets n'émergeront pas», insiste Laurent Morin. Pour agrandir Montauban-de-Bretagne et créer deux nouvelles plates-formes, cela se chiffre en effet en millions d'euros. Dix au maximum. Vu leur situation financière, les industriels ne peuvent tout simplement pas assumer seuls le projet. «Le secteur de la nutrition animale dégage peu de marges. C'était 0,3% de résultat brut avant impôts en 2009», rappelle le délégué général.




Aboutir à la fin de l'année sinon...

Les adhérents de Feedsim Avenir en sont donc à l'état de discussions avec les pouvoirs publics. Et ils espèrent bien accélérer le mouvement, car le dossier est ouvert depuis déjà plusieurs mois. Et tout laisse à penser que si rien n'aboutit d'ici à la fin de l'année, le projet sera remisé au placard. Une hypothèse, malgré les bonnes volontés des uns et des autres, à prendre au sérieux. Car, faut-il le rappeler, l'État et les collectivités partagent un point commun avec les industriels: une situation budgétaire plus que serrée...

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