David Zucchiatti (Clinitex) : «Dépasser les préjugés»

David Zucchiatti (Clinitex) : «Dépasser les préjugés»

David Zucchiatti, le directeur régional de Clinitex, n'hésite pas à embaucher des travailleurs handicapés. Ils représentent 9% de l'effectif salarié, soit trois points de plus que le quota légal. Ses explications.


Pourquoi cette politique volontariste en faveur des handicapés ?


Nous avons une vocation de service aux entreprises, mais aussi sociale, indirectement. Dans notre agence, à Croix, les 570 agents de propreté ont très peu de qualifications. Notre politique, c'est de laisser sa chance à tout le monde. Nos critères de recrutement, ce sont essentiellement le savoir-être : peu importe le diplôme.




Y a-t-il des préjugés dans les entreprises ?


On a une idée très minimaliste de l'handicapé : la personne en fauteuil roulant dans un centre d'aide au travail . Mais c'est un handicap qui ne représente que 2 à 3% de ces travailleurs. Vous pouvez croiser des gens qui ont un handicap, mais vous ne l'aurez pas vu. Il faut se battre, un leader qui dise qu'il va donner sa chance à tout le monde. Mais tous les profils ne sont pas adaptables à notre activité : il y a des charges lourdes, des fléchissements. Et il y a des entreprises où les bons profils vont être difficiles à trouver, comme par exemple un ingénieur informatique qui connaît tel logiciel...




Les aides aux entreprises sont-elles suffisantes ?


Oui, mais il faut trouver les bons interlocuteurs, comme pour nous le Cap emploi de Wasquehal. Mais chez les salariés, il y a parfois une gêne à se déclarer handicapé. On s'est rendu compte qu'une personne, chez nous depuis dix ans, était handicapé.

Propos recueillis par Gabriel Thierry