Président de la Chambre des Métiers et de l'Artisanat de Seine-Maritime depuis le 22juin 2009, suite à la révocation de Didier Brard par le Préfet, Dominique Moulard fait le point sur la situation de la Chambre et sur les dossiers en cours.
Comment se porte la Chambre des Métiers et de l'Artisanat? Depuis mon élection, tous les membres de l'Union professionnelle artisanale (UPA) se sont investis. Il ne faut pas oublier non plus les collaborateurs de la Chambre qui ont poursuivi leurs activités malgré les difficultés et le contexte tendu. On sent bien à présent qu'un climat d'apaisement est revenu. Et puis, les choses ont changé depuis mon arrivée car je favorise le travail d'équipe. Ainsi je travaille beaucoup avec mes trois vice-présidents, je ne garde pas le pouvoir pour moi seul! L'idée, c'est de travailler en équipe.
Comment votre action se concrétise-t-elle? En septembre, nous avons présenté un schéma directeur au personnel. J'ai pris acte des deux rapports rédigés sur la Chambre et son fonctionnement pour la remettre sur pied. Bien sûr, on est encore convalescent mais, on est sur les rails.
Quels sont les grands chantiers à venir de la Chambre?
Ils sont nombreux, entre autres, la formation, les services aux entreprises, la réorganisation des services et la communication car nous allons fêter nos80 ans en 2010. Un nouveau portail Internet est également prévu pour le mois de mars. Le développement économique est bien sûr au centre de ces préoccupations au travers de la crise: nous avons perdu 9% des salariés dans l'artisanat en Seine-Maritime soit 3.000 personnes. Tous les soutiens aux entreprises sont les bienvenus et dans ce contexte j'aimerais notamment que la Région Haute-Normandie fasse plus pour aider les petites entreprises qui souffrent.
Y-a-t-il un secteur qui vous inquiète plus?
Les entreprises du bâtiment commencent à subir la crise car elles ont vidé leurs carnets de commandes. Certaines entreprises se demandent ce qu'elles vont faire au premier trimestre. Je pense que l'on va avoir six mois de creux sur lesquels il va falloir aider les entreprises et là, les services publics devront nous aider. Autant les entreprises de taille moyenne pourront trouver des aides comme OSEO, autant les petites entreprises vont se retrouver dépourvues. Et puis, je constate, par les retours que nous avons, que les banquiers profitent de cette période pour faire de la marge avec des taux d'intérêts importants, c'est regrettable car nos entrepreneurs auraient besoin de taux plus faibles.
Entretien Sébastien Colle