Cytoplat : Traqueur de toxicité des molécules
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Cytoplat : Traqueur de toxicité des molécules

Biotechnologies Dresser la carte d'identité de la toxicité des molécules, en amont de la fabrication de médicaments ou de produits cosmétiques: telle est la mission de la société aixoise Cytoplat. La start-up innovante, créée à l'initiative de deux chercheurs, vient de lancer sa technologie sur le marché.

Fondée il y a moins d'un an à Aix-en-Provence, la société Cytoplat est aujourd'hui sur le pied de guerre. Alors qu'elle vient tout juste de recevoir un trophée national des mains de la Jeune chambre économique française, l'entreprise s'apprête à organiser deux levées de fonds - de 30.000 puis 40.000euros - et est actuellement en phase de conquête d'un marché industriel qu'elle imagine déjà «très important». Car si la société est à la fois jeune et de taille modeste, sa technologie d'analyse de la toxicité des molécules, elle, pourrait bien séduire rapidement les grands industriels de la pharmacie, de la cosmétique et de l'environnement. C'est en tout cas ce sur quoi mise Michel Fontés, président de la TPE implantée au sein du CEEI Provence. «Aujourd'hui, nous souhaitons nous constituer une image de marque irréprochable, à travers nos prestations, explique-t-il. Dans un premier temps, nous proposons nos services en France, avant d'étendre notre activité à l'international. Nous sommes particulièrement confiants, car le process que nous proposons vient combler un vide réel sur le marché».




En amont du développement des produits

L'idée d'inventer un système permettant de traquer, puis de classifier, la toxicité des molécules, avant même qu'elles ne soient utilisées dans le cadre de la fabrication de produits pharmaceutiques, cosmétiques ou autres, est née dans l'esprit de Michel Fontès à la fin des années 2000. À l'époque, ce chercheur, à la tête d'un laboratoire consacré à la thérapie des maladies génétiques au sein de l'université marseillaise de la Timone, était parti d'un constat sévère. «La plupart des critères toxicologiques étudiés d'un point de vue réglementaire sont anciens, et, malheureusement, obsolètes, estime-t-il. J'ai alors imaginé des procédés d'analyse à la fois plus performants et plus prédictifs, qui aideraient les industriels à prendre la décision de développer telle ou telle molécule». Pour le chercheur, si la toxicité fait hélas partie intégrante des caractéristiques de la majorité des molécules, utilisées notamment dans le cadre de la constitution de médicaments, en connaître le degré exact bien en amont offrirait un précieux éclairage aux industriels.




Carte d'identité toxicologique

«Un an de R & D a été nécessaire à la construction d'un modèle fiable et stable, explique Michel Fontés. Désormais, notre technologie est opérationnelle. Nous sommes parvenus à démontrer qu'il était possible de détecter de manière précise quels seraient les dangers potentiels de l'utilisation des molécules». Aujourd'hui, la société Cytoplat, que Michel Fontès préside parallèlement à ses activités académiques, propose ainsi aux industriels une offre de prestation de services. «Nous recevons de la part de nos clients un certain nombre de molécules à analyser, explique-t-il. Notre travail consiste à établir leur carte d'identité toxicologique. Après étude, nous rendons au client un rapport complet soulignant, le cas échéant, le degré de toxicité constaté. Notre analyse est un indicateur, un aiguillon, qui intervient très en amont. Mais notre avis n'est qu'indicatif. Si l'industriel souhaite poursuivre le développement de ses produits malgré la toxicité démontrée des molécules mises en oeuvre, il est parfaitement libre de le faire, en mettant en balance le coût risque/efficacité. Mais il le fait en parfaite connaissance de cause...»




Vers le développement d'un kit de génotoxicité

Pour le président de Cytoplat, cette offre, qu'il juge particulièrement pertinente en ces temps d'incertitude quant à la dangerosité de certains traitements, pourrait par ailleurs permettre aux industriels de réaliser d'importantes économies de R & D. «Développer un médicament coûte très cher, rappelle-t-il. Se rendre compte le plus tôt possible de sa potentielle toxicité est un avantage indéniable». Parallèlement à cette offre de services, Cytoplat se positionne sur le développement d'un kit de test de génotoxicité. «Les levées de fonds que nous allons réaliser dans les prochains mois nous permettrons à la fois de déposer des brevets sur nos process d'analyse et de développer dès 2014 un prototype de ce kit», dévoile Michel Fontés, qui rêve déjà de l'introduction de telles analyses dans les futurs textes réglementaires.

Cytoplat



Aix-en-Provence Michel Fontés 2 associés 04 91 32 43 87 www.cytoplat.fr

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