CSBJ - FCG : Le rugby isérois se cramponne dans la montée

CSBJ - FCG : Le rugby isérois se cramponne dans la montée

Le CSBJ et le FCG, les deux clubs professionnels de rugby de l'Isère, jouent en ProD2 avec le même objectif: la montée en Top 14 la saison prochaine. Quels moyens financiers se donnent-ils pour le réaliser? Quel est le rôle des partenaires?

Les plus optimistes rêvaient que les deux clubs isérois de rugby disputent la prochaine saison en Top 14, mais la réalité est bien plus douloureuse. Le CSBJ, club de Bourgoin-Jallieu, a pris une claque en championnat de France et le FCG, équipe grenobloise, s'est incliné en demi-finale de la ProD2. Résultat: une descente et pas de montée. À l'heure des comptes et de la stratégie, les deux équipes bouclent leur budget pour une prochaine saison décisive. Mais sur quels moyens financiers peuvent-elles compter?




Budgets bouclés

Gaston Maulin, président du CSBJ, s'énerve presque des questions sur son budget. «Il est bouclé, tout va bien. De toute façon, on n'avait pas le choix.» Il faut dire que la saison passée a été mouvementée, et pas seulement sur le terrain. Repris in extremis mais en intérim par Gaston Maulin en 2009, le club berjallien a vu passer un président en coup de vent, Arnaud Tourtoulou, qui a jeté l'éponge et repassé la main à Gaston Maulin. Et la saison avait démarré avec un trou de 3,5M€. Mais les miracles arrivent aussi sur les terrains de rugby. Messie inespéré, Serge Kampf, fondateur de Capgemini, a versé 500.000€ début mai. «Nous allons repartir en Pro D2 sur des bases saines, avec un budget de 6,2M€», se réjouit Gaston Maulin. De son côté, le FCG, en disputant les phases finales, a aligné un budget réajusté de 8M€, proche de l'équilibre. C'était un des plus gros de la ProD2, «en grande partie basé sur des partenariats, à hauteur de 5,5M€», commente Marc Chérèque, le président du FCG. Un président qui pose les limites de la comparaison des budgets entre clubs: «Cela dépend du fonctionnement des clubs et de leurs ressources.» Qui dit capitaux privés dit retour sur investissement attendu, donc des charges liées au développement d'une offre marketing.




Soutien indispensable des entreprises

L'an prochain, le FCG présentera 8,5M€ pour réussir sa saison en ProD2. En Top 14, il aurait été de 12M€. Le club oeuvre depuis cinq ans à la préparation de cette (re)montée. «Nous avons créé un véritable réseau d'entreprises, le FCG est un lieu de rencontres où les entreprises font des affaires», poursuit le président grenoblois, qui compte aujourd'hui 250 partenaires. «Depuis notre remontée en ProD2, nous avons beaucoup investi dans le stade pour proposer des prestations de qualité.» Salons, loges, village des partenaires, espaces réceptifs: les infrastructures du stade Lesdiguières à Grenoble ont évolué. Le FCG a également renforcé son équipe commerciale: trois personnes sont à l'écoute des attentes des partenaires en retour de leur investissement. Le CSBJ affiche également 250partenaires, qui sont en grande majorité «des entreprises qui ont leur siège dans le Nord-Isère, des gens du territoire avec des valeurs communes», assure Julien Bonnard, directeur commercial et marketing. Ils apportent 3,5M€ à l'équipe et trouvent en échange de la visibilité et du relationnel. Si les deux clubs proposent une vaste gamme de produits, Marc Chérèque rappelle que «tout tourne autour du spectacle sportif qui se doit d'être de qualité. Les premiers commerciaux du club sont les joueurs». Tout reste étroitement lié à la réussite sportive du club, qui implique des joueurs et un staff à la hauteur des ambitions. Donc des moyens. «Qui doivent progresser sans surengager», poursuit le président grenoblois. Mais Gaston Maulin rappelle qu'un club de Pro D2 se paie des joueurs de ProD2, pas de Top14. «Les meilleurs vont là où on les paie le plus, c'est humain. Il faudrait au CSBJ un mécène capable de mettre 3 à 5M€ pour aborder le Top14.»




Où sont les collectivités?

Gaston Maulin ne compte pas sur le soutien des collectivités, la ville de Bourgoin-Jallieu subventionnant le club à hauteur de 250.000€, là où il en demandait 800.000€. Le FCG aussi attend encore beaucoup des collectivités pour améliorer la rentabilité économique du stade.