Le fabricant de salles de bains isérois Allibert, groupe fondé en 1930 à Grenoble et bien connu des habitants du territoire, ne vas pas totalement disparaître du paysage. Du moins sa marque sera-t-elle préservée puisque son concurrent, le parisien Aurlane (100 salariés; 42 M€ de CA), a annoncé l'avoir rachetée à la barre du tribunal de commerce.
Allibert liquidé au printemps
L'entreprise iséroise, placée en redressement judiciaire en janvier 2025 a ainsi été liquidée en avril dernier, entraînant la vente de l'ensemble de ses actifs et le licenciement de ses 171 salariés, repartis entre ses trois sites de production, à Voiron, à Châtellerault, dans la Vienne avec une soixantaine de salariés et près de Troyes, dans l'Aube. Aurlane avait pourtant bien déposé une offre conjointe de reprise aux côtés d'un autre spécialiste de la salle de bains Decotec, portant sur Allibert Sanitaire et BDSF (Voiron) et le site New Bath (Troyes). Mais les deux acteurs ont finalement jeté l'éponge à quelques jours de l'audience. "Nous avons renoncé après avoir réalisé que la filiale belge d'Allibert, qui elle n'était pas en dépôt de bilan et que nous aurions aussi dû reprendre en totalité, perdait beaucoup d'argent. Il aurait été faisable de couper une partie de l'activité et de la masse salariale française pour relancer l'entreprise, mais cela devenait trop risqué de reprendre aussi l'activité belge et ses 39 salariés", explique ainsi Sébastien Doumenc, fondateur et PDG du groupe Aurlane.
Une marque à la forte notoriété
Malgré cette déconvenue, le dirigeant a donc décidé de reprendre la marque Allibert, pour laquelle le public français et belge possède "une affection particulière", selon lui. D'abord spécialisée dans les semelles de chaussures, l'entreprise iséroise s'est ensuite tournée vers les accessoires de salle de bains. Elle a connu son apogée pendant les Trente Glorieuses, notamment grâce à son emblématique armoire de toilette à trois portes miroirs, lancée en 1958. "Il existe très peu de marques de sanitaires centenaires et Allibert jouit d'une belle notoriété. Nous ne pouvions pas passer à côté de cette marque", explique le dirigeant.
Racheté par un fonds israélo-néerlandais en 2019, Allibert n'est selon lui pas parvenue à se moderniser et à monter en gamme, afin de se démarquer de la concurrence asiatique. "L'entreprise était en décrépitude depuis une dizaine d'années, car elle était restée sur des modèles d'entrée ou de milieu de gamme, qui n'étaient plus rentables", poursuit le dirigeant.
10 à 15% de croissance dès l'an prochain
Avec ce rachat, l'objectif d'Aurlane est clair : reprendre les modèles phare d'Allibert, les recopier et le redistribuer, tout en proposant de nouveaux modèles, plus innovants et haut de gamme. "Aurlane et Allibert vont cohabiter et nous allons repositionner Allibert sur des produits haut de gamme", poursuit le dirigeant.
Ce dernier mise également sur son développement sur le marché belge, où l'entreprise était bien implantée et connue.
"Nous visons 10% à 15% de croissance dès l'an prochain grâce à ce rachat", poursuit Sébastien Doumenc. Une accélération de l'activité à la fois liée à l'arrêt des ventes par Allibert - "nous allons devenir une solution de remplacement pour certains de leurs clients et ainsi gagner des parts de marché" - et par le relancement de la marque.
Selon le dirigeant, le rachat devrait donner lieu à la création d'une dizaine de postes à moyen terme. "Nous aurons besoin de ressources pour relancer la marque, et devrons sans doute créer des postes de commerciaux, de logistique et en marketting", termine le dirigeant. À ce jour, aucun des salariés de l'entreprise Allibert n'a été repris.