Second plan d'aide pour la Grèce, dégradation des notes de solvabilité de plusieurs pays dont les États-Unis, chutes des bourses européennes, asiatiques et américaines... L'économie mondiale a été confrontée à une succession d'embûches pendant l'été. Si, au niveau mondial, ces aléas financiers ont eu des répercussions directes, à court terme, qu'en est-il pour les PME ligériennes?
Des craintes et des interrogations
Pour nos chefs d'entreprises, les retombées de la crise financière estivale ne se font pas encore sentir. Mais la crainte d'un retour des difficultés est bien présente. Après avoir connu un carnet de commandes rempli à nouveau début 2011 pour la plupart des industries du département, les dirigeants ligériens naviguent désormaisà vue. «Nous sommes inquiets, assure Jean-Louis Desjoyaux, dirigeant des Piscines Desjoyaux. Même si nous allons clôturer notre exercice annuel en progression, je m'attends à une fin d'année 2011 assez difficile.Il y a une non-croissance en France et en Europe.» Du côté de la CCIT, c'est l'effet domino sur les maillons de la chaîne économique qui inquiète. «La première crise économique de2008 et2009 a eu un effet dévastateur sur toute une chaîne de métiers, explique Thierry Vidonne, dirigeant de EIC et élu à la CCIT en charge de la cellule de crise et de relance. Les perspectives que nous avions enregistrées dans notre étude bimestrielle de juillet2011 étaient plutôt bonnes. En effet, 59% des chefs d'entreprises interrogés envisageaient une hausse de leur CA en 2011. Mais cette donnée a certainement dû évoluer depuis.»
La trésorerie, le nerfde la guerre
Le retour à la frilosité pourrait provenir d'une certaine dépendance des PME envers les établissements financiers ainsi que des fluctuations du coût des matières premières. C'est alors que les fonds propres et en particulier la trésorerie de l'entreprise apparaît comme un atout majeur pour faire face. Pascal Tardy, dirigeant de Sicam, en est persuadé. «Le nerf de la guerre aujourd'hui, c'est la trésorerie. Certaines PME se retrouvent dans une situation difficile en ne pouvant subvenir à leurs besoins afin de redémarrer leur activité. Il est primordial de pouvoir gérer les phases de redémarrage d'activité. La question de l'évolution fulgurante des coûts de matières premières et de transports ainsi que la gestion des stocks ont une réelle importance. Je crains malheureusement qu'il n'y ait une deuxième vague de PME en grande difficulté dans les prochains mois.»
Des entreprises livrées à elles-mêmes
Dans un contexte d'incertitude, les pouvoirs publics devraient également avoir un impact favorable comme a pu l'être le plan de relance. Cependant, l'heure est plutôt à l'austérité après les annonces gouvernementales du mois d'août. De surcroît, l'approche des élections présidentielles devrait poser quelques problèmes supplémentaires. «Une période de campagne électorale ne favorise pas les investissements publics permettant de soutenir les PME» assure Thierry Vidonne. Une situation générale qui devrait finalement laisser les entreprises livrées à elles-mêmes dans un contexte économique bien incertain.
Cellule de relance de la CCIT: 04 77 43 04 52
CONJONCTURE Cet été, la crise a fortement impacté les marchés financiers. Quelles conséquences ces mouvements peuvent-ils avoir sur les PME ligériennes?