Quel statut choisir pour mon entreprise? Chaque année, de nombreux créateurs se penchent sur cette question. Car, malgré le pessimisme ambiant lié à la crise, la France reste une terre où l'entrepreneuriat est vivace. La preuve: le nombre de créations d'entreprises en France a quasiment triplé entre 2002 et 2010. Cet engouement fait suite aux nombreuses mesures mises en place au niveau national (Loi de modernisation de l'économie en 2008, Loi pour l'initiative à l'économie, mesures de Pôle Emploi à destination des porteurs de projet,etc.) et local. La création, en janvier 2009, du régime de l'auto-entrepreneur, qui apporte encore une nouvelle option dans la jungle des statuts, a encore accéléré cette dynamique. En trois ans d'existence, ce régime a été adopté par près d'un million d'entreprises, soit 55% de l'ensemble des créations d'entreprises sur la période 2009-2011.
Des entreprises individuelles majoritaires
Et même si l'année passée a essuyé le premier repli en terme de dynamisme créatif depuis 2003, notamment en raison d'une chute de 19% des créations d'entreprises sous le régime de l'auto-entrepreneur, la tendance actuelle est à la reprise: selon les chiffres de l'Agence pour la création d'entreprises, 202 500 entreprises ont vu le jour entre janvier et fin avril 2012, soit une progression de 3% par rapport à la même période de 2011. Si le dynamisme est de retour, les chiffres dissimulent des attraits très divers pour les différents statuts.
« Sur les cinq dernières années, nous avons constaté une montée en puissance des structures sociétaires par rapport aux entreprises individuelles. Ce phénomène s'explique par les lois successives qui ont allégé le coût de fonctionnement des sociétés qui offrent par ailleurs une grande sécurité fiscale et juridique aux porteurs de projet », estime Gérôme Gauriau, expert-comptable, associé chez KPMG Région Ouest. « Les SAS sont souvent adaptées aux entreprises innovantes par leur souplesse et la possibilité de créer des actions de catégories différentes, par exemple avec des droits de vote et/ou des droits aux dividendes différents », souligne pour sa part Catherine Meunier, avocate-conseil du cabinet ProxiA-Conseil à Nantes. Le choix d'un statut (officialisé par la publication d'une annonce légale) dépend donc plus que jamais de la stratégie du chef d'entreprise.