Si les premières opérations ont débuté dès l'été dernier, c'est en janvier que les caisses régionales haute et bas-normandes du Crédit Agricole ont officialisé la naissance de leur banque d'affaires commune. « Une société de fait et non filiale », précisent les caisses, qui disposent de deux implantations à Caen et à Rouen. Pour le directeur de la nouvelle entité, Louis Heslot-Guillot, c'est l'évolution du marché qui dicte le positionnement de la banque, et notamment celui de la transmission : « on compte de plus en plus d'affaires dont les dirigeants ont plus de soixante ans ». Conclusion, c'est un marché porteur. « Notre rôle est aussi de préserver les centres de décision en Normandie et d'accélérer le développement des entreprises qui ont des projets ». En intervenant en fonds propres plus que par l'endettement, crise oblige. La banque, qui revendique une place de leader en région sur le marché des entreprises, veut donc se donner les moyens d'intervenir en haut de bilan, à travers notamment des partenariats avec sept fonds liés au Crédit Agricole. Louis Heslot-Guillot estime à une dizaine par an le nombre d'opérations que la banque pourrait cibler sur chacun de ses métiers : la transmission et l'ingénierie financière, le capital-investissement, le financement de l'acquisition et la gestion patrimoniale. Le tout dans un contexte difficile « où les transactions sont de plus en plus longues et complexes ». Mais le volume d'affaires est toujours là, assure le directeur de la banque, malgré les incertitudes économiques et fiscales qui plombent le moral des entrepreneurs. « Ce qui nous intéresse, c'est de faire des calculs à partir de bases stables ». Exercice rendu difficile par une instabilité fiscale chronique « qui conforte la méfiance des dirigeants » au moment de vendre.
Guillaume Ducable
banque. Le Crédit Agricole Normandie Seine et son homologue de Basse-Normandie officialisent la création d'une banque d'affaires commune.