Créateurs-repreneurs : Cinq ans après, que sont-ils devenus ?
# Création d'entreprise

Créateurs-repreneurs : Cinq ans après, que sont-ils devenus ?

Ils ont créé ou repris leur entreprise en 2006-2007. François Desile, Hervé Le Texier, Pascal Joubert, Thierry Grasset... Le Journal des Entreprises a relaté le démarrage de leur activité . Face au cap fatidique des cinq ans, où en sont-ils ?





Pascal Joubert, Menuiseries Bourneuf (Parigné-l'Evêque)

«Je suis tombé au bon endroit, au bon moment et avec les bonnes personnes». Au bout de cinq ans, le repreneur des Menuiseries Bourneuf est serein. Pascal Joubert a en effet doublé son chiffre d'affaires, passant de 3,6M€ en 2006 à 7,3M€ en 2010. Si l'entreprise a le vent en poupe, c'est qu'elle se développe sur un marché du bois très dynamique depuis le Grenelle de l'environnement. L'entrepreneur a ainsi orienté la menuiserie centenaire vers des activités de pose et de conception, en plus de la fabrication. Au final, Bourneuf réalise un tiers de son activité sur des produits de protection incendie, développés en interne. Et afin de maintenir ce rythme de croissance, les 58 salariés ont pris possession cette année d'un atelier de 4.000m², flambant neuf. Un investissement de 2,5M€ qui devrait permettre à la société d'améliorer sa productivité. «Je suis mille fois plus serein que lorsque j'ai repris l'entreprise. Je me dis aujourd'hui qu'il y avait un peu de folie à aller sur un métier que je ne connaissais pas. Mais sans folie, fait-on quelque chose?».






Hervé Le Texier, MC Vulca (Saint-Saturnin)



MC Vulca (18 salariés, 2,5M€ de CA prévu en 2011) a réussi son développement. Dernier palier en date pour la société de maintenance et d'installation de bandes transporteuses: un déménagement en mars dernier de La Milesse à Saint-Saturnin. Devenue propriétaire et installée dans des locaux plus spacieux (800m²), MC Vulca est aujourd'hui mieux armée pour répondre à la demande. Le premier cap - fixé à trois ans - a été largement dépassé (+15%). «Ma principale difficulté a été de gérer la trésorerie avec la croissance et l'endettement d'une jeune société comme la nôtre, raconte Hervé Le Texier, son fondateur. Cela requiert beaucoup de prudence et une gestion stricte au jour le jour». Les clés du problème - «lisser l'activité et les stocks» - se sont aussi avéré être des leviers de croissance. MC Vulca a d'abord étoffé ses prestations «du changement de la bande transporteuse en cas de casse à l'entretien global, planifié à l'avance». Tout en effectuant un gros travail sur les achats, pour avoir des stocks les plus linéaires possibles, sans pour autant nuire au potentiel de réactivité. À noter également, le concours d'Oseo via «Avance+», un programme allouant jusqu'à 100.000€ d'avance par an, pour les contrats passés auprès de grands donneurs d'ordres comme Renault, Lafarge ou LDC - des acteurs qui ont par ailleurs tiré son activité vers le haut. Sans oublier les conseils de Carrefour Entreprise Sarthe, dont il est désormais un membre actif. Aujourd'hui MC Vulca ne compte pas s'arrêter là. Avec pour prochain objectif, une opération de croissance externe en Normandie, à l'horizon 2012.




Thierry Grasset, Ventil 72 (Arnage)

Spécialiste de la conception des composants destinés à la ventilation (entrée d'air, bouche, extraction...) ainsi que de la vente et de l'installation de gaines de ventilation pour les particuliers et entreprises, Ventil 72 (2M€ de CA, 28 salariés) a pris une bonne aspiration sur le marché des économies d'énergie. «On est largement au-dessus de nos prévisions de croissance. Aujourd'hui, on refuse même des chantiers», confie son dirigeant Thierry Grasset. Passée de 8 à 28 salariés entre2007 et2011, l'entreprise est actuellement en train de mettre en place un nouveau poste de chargé d'affaires, pour suivre les chantiers de A à Z.Avec pour objectif de se rapprocher encore plus de ses clients. Le palier des 10 salariés a été franchi dès la première année et le patron ne reconnaît aucune difficulté majeure dans le parcours de la jeune entreprise. «Pas même un ralentissement de l'activité lors de la crise, ajoute-t-il. Nous faisons partie du secteur des économies d'énergies, qui n'est pas impacté comme les autres». Par précaution, l'entreprise a tout de même étendu son rayon d'action jusqu'auHavre et à Paris, pour séduire de nouveaux clients. Ventil 72 travaille notamment sur des grands chantiers comme les hôpitaux ou les centres commerciaux. Seule appréhension: une éventuelle forte dégradation de la conjoncture, qui pourrait entraîner des impayés en cascade. «Plusieurs entreprises ont déjà laissé des ardoises cette année».




François Desile, Hastone (Sargé-Lès-LeMans)

Premier pas en Bretagne pour l'agence de communication Hastone. François Desile a en effet ouvert en avril dernier une antenne à Rennes dédiée au web. Belle évolution pour cet ancien cadre de Foussier Quincaillerie qui a débuté seul son activité de communicant en 2006. Aujourd'hui il manage huit salariés et réalise près de 600.000€ de chiffre d'affaires. «L'évolution est correcte et correspond à nos attentes, compte tenu du contexte actuel». L'entreprise, qui a pratiquement doublé son chiffre d'affaires en deux ans, s'est spécialisée dans la création et l'automatisation de mise en page de catalogues. Une niche B to B sur laquelle l'agence innove en développant notamment un système de correction en ligne de ses catalogues. Des solutions proposées à des clients locaux comme Foussier ou encore Dorise. Après un déménagement en 2009 qui lui a permis de renforcer ses effectifs, François Desile songe à essaimer. «Je préfère multiplier les agences pour conserver une structure manoeuvrable et être commercialement sur le terrain». En attendant de nouvelles implantations, Hastone se développe également sur des prestations internet. Deux personnes travaillent aujourd'hui depuis Sargé sur une application d'analyse de sites web marchand pour un client new-yorkais.

# Création d'entreprise