CREA : L'intercommunalité dresse sa feuille de route

CREA : L'intercommunalité dresse sa feuille de route

Stratégie Un an après sa création, la nouvelle intercommunalité pose la question de son attractivité à travers sa politique de développement économique.

L'organisation en novembre dernier du rendez-vous d'affaires BIG Talents en lieu et place du traditionnel salon industriel (successivement Rith puis Seinos) devait annoncer un tournant dans le positionnement stratégique de la métropole rouennaise sur le terrain économique. La mise en lumière des secteurs de pointe au détriment d'industries plus classique dans la région était un signe fort; reste désormais à la CREA (Communauté d'agglomération Rouen-Elbeuf-Austreberthe) à transformer l'essai.




«La Seine, c'est notre avantage compétitif!»

En fixant ses priorités pour les vingt années à venir l'intercommunalité affiche son ambition: «inscrire notre territoire dans une stratégie de développement», insiste Frédéric Sanchez, vice-président de la CREA en charge du développement économique. Au rang des priorités, l'élu évoque «la reconquête des friches industrielles, car pour créer de l'emploi, il faut disposer de foncier», ainsi que l'appui à la création d'entreprises à travers le développement du réseau des pépinières («15 à 20.000m² à termes»). Au-delà, estime-t-il, la ville doit jouer de ses spécificités face à la concurrence des autres métropoles: «Nous sommes un port. Notre force c'est de pouvoir être au coeur des échanges de marchandises à l'échelle de l'économie monde», explique Frédéric Sanchez. «La Seine, c'est notre avantage compétitif!» À charge pour l'intercommunalité de savoir valoriser ses atouts dans les années qui viennent.




Parier sur l'industrie?

Une vision que contestent les représentants Europe Écologie Les Verts (EELV) de l'agglomération qui dénoncent «une stratégie du tout industrie (...) alors même que depuis 20 ans le secteur industriel n'a cessé de détruire des emplois». «La seule façon de créer une dynamique réelle de développement industriel consisterait à tourner la page des industries polluantes qui appartiennent au passé», lâchent les élus écologistes. «Nous restons une des régions les plus industrielles de France, mais la diversification de notre tissu économique doit être approfondie», concède en retour le vice-président de la CREA. «Nous devons négocier les mutations en cours qui touchent notamment le raffinage et l'automobile. C'est important de faire le pari de l'industrie de demain mais aussi du tertiaire» qui aujourd'hui représente la grande majorité des emplois du territoire. Au final, il s'agit bien d'un enjeu d'image pour une intercommunalité qui veut s'afficher en «première éco-communauté de France», pariant dans le même temps sur les secteurs de pointe et le tourisme sans renier son passé (et son présent!) industriel.



Guillaume Ducable

CREA
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