Financiers démonétisés, responsables sportifs mis en touche, gouvernants décrédibilisés, patrons en plein dérapage, penseurs en plein vide... Dans cette tempête qui ébranle les puissants, l'affaire DSK n'est finalement qu'un coup de tonnerre plus violent que les autres. Esprit de caste, arrogance, mépris, fric, frasques, les élites donnent l'idée qu'elles sont loin du réel et de ses soucis, au-dessus des lois comme du minimum de morale. Il y a très longtemps, le mot ministre signifiait serviteur... Les Français sont perturbés, inquiets et en rupture avec l'autorité. Contrairement aux dictatures arabes, ici la colère peut crier dans les urnes et nous ne sommes pas dans la misère. Notre système peut encaisser des secousses à condition que l'expression politique soit en contact avec la population et qu'on n'y devine pas les grosses ficelles du marketing. Nos politiques donnent trop souvent l'impression d'être des machines à discours, non des êtres de chair. Pas de courage, ni d'engagement: "il faut réfléchir à", "les Français pensent que"... L'entreprise n'échappe pas à cet enjeu. Le salarié attend d'un patron plus que du travail et un salaire; il veut aussi du sens et des raisons de se battre. Comment entraîner les gens si on a rompu ce lien de confiance que les salariés vous avaient avancé gratis? L'abus de pouvoir est un abus de confiance qui se retourne (presque) toujours contre ses auteurs. Pour le combattre, voici quelques pistes: humilité, altruisme, éthique, cohérence, vérité. Car les crises que nous vivons sont pour beaucoup des crises morales. @email ENTRE NOUS par Vincent Combeuil
Directeur des rédactions