Ambiance bouillante lundi 28 septembre pour la session de rentrée du conseil départemental des Côtes-d’Armor. Alors que KMPG était invité à rendre les conclusions de l’audit mené sur l’état des finances de la collectivité, l’opposition, menée par Vincent Le Meaux a claqué la porte avant le début de la présentation.
« Nous n’étions pas tenu de le mettre à l’ordre du jour, précise le président Alain Cadec. Nous étions dans le cadre d’une réunion d’information publique. Je reste persuadé que le débat démocratique vaut mieux que cela. Qui devrait être en colère aujourd’hui ? Ceux qui quittent avec fracas l’assemblée ou ceux qui découvrent l’état désastreux de notre département. »
Claudy Lebreton en première ligne
Il faut reconnaitre que l’audit KMPG n’a pas été tendre remettant en cause la gestion financière de Claudy Lebreton, président sortant qui avait choisi de ne pas se représenter. Le rapport précis notamment le risque d’effets ciseaux à l’horizon 2016 si rien n’est fait pour réduire des dépenses de fonctionnement supérieures à la moyenne bretonne. « Des décisions majeures seront à prendre dans les prochains mois, ajoute Alain Cadec. Ce rapport va servir de bases à des arbitrages nécessaires pour la survie de notre territoire. »
Les satellites du conseil départemental sont également pointés du doigt. Dans la ligne des critiques : le Ceva pour ses nombreux contentieux, la Semarmor qui gère le Forum de Trégastel pour sa gestion hasardeuse, le syndicat mixte de l’aéroport de Lannion pour des déficits chroniques explosifs. « Et je ne reparlerai pas d’Armor Connectic, censé porter le haut débit dans le département, et qui s’avère un gouffre pour nos finances publiques. Le risque actuel pour le département avoisine 25 millions d'euros. »
100 millions d'euros à trouver d'ici 2020
KPMG estime à 100 millions d'euros le montant des économies à réaliser d'ici à 2020 pour revenir à une situation acceptable. Pour le cabinet d'expertise-comptable, le seul levier d'une baisse des montants investis par le conseil départemental ne suffira pas. « Il faudra nécessairement passer par un révision de nos politiques de fonctionnement pour baisser les charges fixes. Cela se fera en concertation avec les partenaires sociaux sans volonté d'effectuer une chasse aux sorcières. Déjà la non-reconduction des contractuels est actée (Ndlr : 46 postes en septembre 2015 concernés). »