La campagne de déploiement du compteur communicant Linky en France a débuté le 1er décembre après un premier test pilote réalisé sur Nice en mai dernier. Quels en ont été les résultats ?
Depuis mai 2015, 11.000 compteurs Linky ont été installés sur la zone Nice Ouest afin de tester le mode de déploiement, le business plan et leur bon fonctionnement. Les résultats ont été plutôt probants et confirment l’outil-clé que constitue Linky dans le cadre de la transition énergétique et la modernisation des réseaux. Il facilite l’intégration des énergies renouvelables dans le réseau, la gestion de la demande et de l’effacement, le développement de nouvelles offres tarifaires et de service et permet aux consommateurs de mieux appréhender et gérer leur consommation d’électricité. Le 1er décembre a marqué le coup d’envoi d’un premier déploiement de 3 millions de compteurs au national, dont 160.000 sur Nice et Toulon. La seconde phase interviendra en décembre 2016 avec comme objectif de poser 90% des 35 millions de compteurs prévus d’ici à l’horizon 2021.
Pour quel investissement ?
Linky est un projet industriel français d’une ampleur historique puisqu’il représente un investissement national de 5 milliards d’euros sur les six prochaines années. Dans les départements du Var et des Alpes-Maritimes, l’investissement s’élève à 29 millions d’euros. Pas moins de 230 personnes travailleront à l’installation des 1,6 million de nouveaux compteurs. Quatre entreprises locales ont déjà été sélectionnées, six autres le seront à partir de septembre 2016 pour tenir un rythme de pose soutenu qui pourra atteindre jusqu’à 17.000 compteurs par jour. En cette période économique grise, ERDF s’affirme avec ce projet comme une entreprise dynamique en matière d’investissement.
Que répondez-vous à ceux qui estiment que le compteur Linky s’avère d’ores et déjà obsolète ?
A ce jour, 313 millions de compteurs communicants ont été installés dans le monde. Les technologies choisies diffèrent selon les pays, mais Linky figure comme l’un des compteurs intelligents les plus aboutis en termes de protection des données, toutes cryptées. Il est évident que Linky n’est pas nécessaire pour piloter une domotique interne à une habitation mais lorsqu’il s’agit de récupérer des données en masse et de les connecter au système public, on entre là sur un tout autre terrain de jeu. Le Japon a fait le choix d’une technologie comparable à celle de Linky, qu’il a déployée à hauteur d’une dizaine de millions de compteurs ces deux dernières années.