Le conseil général de la Loire avait activement milité en sa faveur. Le fuseau ?plaine d'Heyrieux Sibelin Nord? a finalement été retenu mi-avril par Dominique Bussereau, secrétaire d'État chargé des Transports, pour la poursuite des études de la partie sud du contournement ferroviaire de l'agglomération lyonnaise (CFAL). «C'est une réponse positive et complète à tous les niveaux, a immédiatement réagi Bernard Bonne, le président du conseil général de la Loire. On a obtenu ce que l'on souhaitait.» En revanche, les élus de l'Est lyonnais déplorent que le tracé passe trop près de leurs communes.
Un double objectif
Initié en 2001, le projet CFAL a toujours affiché un double objectif: favoriser le transfert du transport des marchandises par camions vers le train et désengorger le noeud ferroviaire lyonnais en construisant de nouvelles lignes. «Il s'agit de passer d'un réseau structuré en étoile à un réseau en forme de toile», résume Guillaume Bouvier, chargé de la concertation sur le projet CFAL pour Réseau ferré de France (RFF), le maître d'ouvrage des futures lignes. Le raccordement du contournement ferroviaire à la gare de Saint-Exupéry devrait également permettre de compléter les dessertes de voyageurs et de soulager les gares lyonnaises. «Le nombre de TER en Rhône-Alpes a explosé ces dernières années. On parle d'une centaine de trains supplémentaires par jour en 2008, constate Guillaume Bouvier. Le diagnostic de saturation est aujourd'hui une réalité palpable», reconnaît-il. Le CFAL doit aussi permettre le renforcement des liaisons ferrées entre les différentes centralités de l'aire métropolitaine lyonnaise et vers les zones urbaines comme Grenoble, Clermont-Ferrand ou Genève et offrir à la partie occidentale de Rhône-Alpes (Roanne et Saint-Étienne) des transports ferroviaires rattachés aux principaux flux de circulation au niveau européen. Si beaucoup s'accordent à dire que le CFAL favorisera le développement économique de la région, il reste à ce jour difficile pour l'ensemble des acteurs d'énoncer des chiffres clairs. Les départements de la Loire et du Rhône devraient, malgré tout, bénéficier de l'essentiel des retombées économiques du projet qui pose également les bases d'un plus vaste programme ferroviaire. «Le CFAL sera aussi le premier maillon de la ligne Lyon-Turin», assure Guillaume Bouvier.
Un vaste programme ferroviaire
Estimé à quelque 3Md€ d'investissement - 1,5Md€ pour la partie nord et autant pour la partie sud -, le projet CFAL ne devrait pas être achevé avant les années 2017-2023. Une enquête d'utilité publique doit démarrer fin 2010 pour la partie nord du projet dont le choix du fuseau avait été décidé en 2005. S'agissant de la partie sud, c'est aujourd'hui l'étude plus précise du tracé qui commence. Les quatre conseils de développement du Grand Lyon, de Saint-Étienne Métropole, de Nord-Isère et du Pays Viennois, préconisent en particulier un tracé enterré sur le maximum de longueur du tronçon, grâce notamment aux économies budgétaires réalisées par rapport au tracé long. Les travaux ne débuteront, eux, pas avant 2015.
- www.rff-cfal.info
Le ministère chargé des Transports a retenu officiellement le fuseau ?plaine d'Heyrieux Sibelin Nord? pour poursuivre le projet de contournement ferroviaire de l'agglomération lyonnaise (CFAL).