«Nous exerçons une profession libérale de conseil auprès de personnes ou d'entreprises sur des questions patrimoniales, soit de manière ponctuelle, soit dans le cadre d'une mission globale», résume Patrice Pontmaret, président de la Chambre des indépendants du patrimoine. Cette association professionnelle revendique environ 1.500 adhérents. La profession compterait environ 2.200 entreprises au plan national.
«Communauté de culture»
«Notre métier est apparu dans les années 1980 et répond à une demande de personnes qui estimaient ne pas trouver auprès de leur banque un conseil objectif, une vision globale», poursuit Patrice Pontmaret. Les CGPI sont, selon lui, «un vecteur de progrès, challenger des grands réseaux de distribution». Et d'illustrer son propos: «nous avons été les premiers à proposer des produits d'assurance multisupports ou multigestion.» Le spécialiste estime que «10% de la collecte des produits d'épargne» en France passe par le canal des CGPI. «Nous ne travaillons pas contre les autres réseaux mais à côté. Nous sommes une alternative.» Leur clientèle: des chefs d'entreprise, des cadres, des professions libérales ou de gros commerçants à la recherche non seulement de placements mais en quête d'une véritable stratégie patrimoniale. «Étant nous-mêmes entrepreneurs, nous partageons une réelle communauté de culture», souligne Patrice Pontmaret. Le développement de la profession a donné lieu à la mise en place de formations de type Master II Patrimoine. Le premier fut créé à Clermont-Ferrand, en 1988. Le territoire est aujourd'hui totalement maillé en formations de 3e cycle. Reste que le métier de CGPI n'a pas de fondement légal. Les conseillers en gestion de patrimoine peuvent exercer en cumulant différents statuts réglementés - conseillers en investissements financiers (CIF), intermédiaires en opérations de banque (IOB), courtier en assurances voire agents immobiliers -, mais aucun texte ne définit ni ne réglemente la profession de CGPI. En 2010, le député UMP Louis Giscard d'Estaing avait soumis une proposition de loi qui n'a pas abouti. «Il avait parfaitement posé les grands enjeux et apportait les meilleures réponses possibles avec notamment la création d'un Conseil supérieur», explique Patrice Pontmaret.
«Bercy a cédé à la pression des banques»
Mais l'affaire a fait long feu et le député a été prié par Bercy de remettre un nouveau rapport qui a totalement déçu le président de la Chambre des indépendants du patrimoine. «Bercy a cédé à la pression des banques», accuse Patrice Pontmaret qui pointe aussi des intérêts divergents au sein même de la profession éclatée en plusieurs associations ou syndicats professionnels.
«Notoriété, reconnaissance»
«Notre métier ne se résume pas à l'activité de conseiller financier. Nous devons tirer notre profession vers le haut pour lui assurer la notoriété et la reconnaissance qu'elle mérite. Nous devons parvenir à un texte qui définisse à la fois nos droits et nos obligations», plaide Patrice Pontmaret. Un point seul semble faire consensus au sein des CGPI: leur mode de rémunération. Celui-ci est basé sur des honoraires et des commissions sur les produits placés, les uns n'étant pas exclusifs des autres. Un système que ces professions libérales veulent conserver car, estime Patrice Pontmaret, les honoraires seuls ne permettent pas de pérenniser les entreprises.
La profession a pris son essor auprès des particuliers et des chefs d'entreprise. Mais le conseiller en gestion de patrimoine indépendant (CGPI) souffre encore d'un manque de notoriété faute d'un encadrement législatif pourtant souhaité.